Le mont Everest de la course à chiens

Yukon

 Photos Marie-Claude Forest

Marie-Claude Forest

Parcourir en plein mois de février les 1600 km qui séparent Whitehorse au Yukon de Fairbanks en Alaska, un vaste territoire aux allures polaires, semble un exploit. Parcourir ces kilomètres en menant un attelage de 14 chiens en moins de deux semaines pourrait même être considéré comme de la folie !

C'est pourtant l'aventure d'une vie qu'a décidé d'entreprendre Denis Tremblay, un meneur de chiens de Saint-Michel-des-Saints, au Québec, en participant au Yukon Quest International Sled Dog Race.

«Y'a pas personne de censé qui vient faire ça! Faut être un peu fou», explique l'homme qui élève près de 40 chiens au chenil Makamic de Lanaudière. Quatorze d'entre eux composent son équipage pour participer à ce qu'il considère être les Jeux olympiques des «mushers» (meneurs de chien).

Le Yukon Quest est une course de traîneaux à chiens qui a vu le jour il y a 30 ans. Elle est considérée comme la plus difficile au monde. Denis Tremblay s'est retrouvé au fil de départ en compagnie de 25 autres équipages dans la capitale yukonnaise le 2 février 2013, après huit ans de préparation et d'entraînement.

Il avait déjà tenté l'expérience en 2011, mais sans succès. «Je n'étais pas prêt et j'ai dû arrêter. J'avais un chien malade. Ça m'a appris beaucoup». Mais cette année, il se dit prêt mentalement et physiquement pour faire face à la musique.

Meneur de chiens: la réalité d'un entraîneur olympique

Ne fais pas le Yukon Quest qui veut. On doit se qualifier à travers des épreuves de longue distance. Les conditions hivernales avec ses immenses lacs gelés, ses températures froides, ses grands vents, mais aussi la difficulté psychologique reliées à la fatigue et à l'épuisement en font le mont Everest de la course à chiens, «le but ultime du musher».

Denis Tremblay s'occupe de ses chiens 365 jours par année en vue de les mener vers ce marathon polaire. Bien qu'il soit un meneur de chiens dans l'âme, lorsqu'on lui demande s'il s'agit de sa profession, il répond du tac au tac en riant : «Oh non, c'est une dépense ! Pour faire le Quest, c'est 10 000 $ par année», avoue celui qui est gardien d'un club privé de chasse.

Suite: Aucun répit au Yukon Quest


Vidéos

Photos