ITSS: un bilan inquiétant

Québec

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Emmanuelle Gril

En 2011, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) ont représenté 24 000 cas déclarés au Québec. Petit bilan de la situation avec le Dr Réjean Thomas, fondateur de la clinique médicale L'actuel à Montréal.

Premier constat du Dr Thomas : les ITSS sont en augmentation chez les jeunes de 15 à 24 ans. «La chlamydia est en progression. Elle demeure la plus fréquente des ITSS à déclaration obligatoire, avec plus de 19 000 cas en 2011. Les jeunes de 15 à 24 ans représentent les deux tiers de ces cas et ont le taux d'incidence le plus élevé», explique-t-il.

La gonorrhée est aussi en augmentation, avec plus de 1 800 cas déclarés en 2011. Sur ce nombre, les hommes représentent plus de 60% des cas. Le taux d'incidence le plus élevé se retrouve d'ailleurs chez les jeunes hommes de 20 à 24 ans.

«Fait préoccupant, on commence aussi à voir une résistance du gonocoque aux antibiotiques utilisés pour traiter cette infection. C'est pourquoi si l'on reçoit un diagnostic de gonorrhée, il est important qu'il y ait une mise en culture afin de savoir si l'on est atteint d'une infection gonococcique résistante aux antibiotiques», souligne Réjean Thomas.

Mauvaise surprise : la résurgence d'une maladie que l'on pensait disparue, la syphilis. «En 1998 on ne comptait que trois cas. On est passé à 636 en 2011!, déplore le Dr Thomas. Cette maladie touche surtout les hommes, notamment les gais, en particulier les 15-24 ans. Mais cette maladie constitue aussi un danger pour les hétérosexuels. Pour la première fois depuis 10 ans, en 2011, un cas de syphilis congénitale a été détecté chez un nouveau-né.»

Le virus du papillome humain (VPH), dont certaines souches causent des condylomes et d'autres le cancer, connaît aussi une forte croissance, qu'on peut même qualifier d'épidémie. «On a constaté une hausse des cas de cancer de l'anus notamment, de même que des cancers ORL, dans la bouche par exemple», prévient le Dr Thomas.

Enfin, le VIH continue à faire des victimes. «Chaque année, on dénombre de 400 à 600 nouvelles infections, dont 80 % chez les hommes gais ou toxicomanes. Mais il n'y a pas qu'eux...», souligne le Dr Thomas, invitant les gens à faire preuve de prudence et à se protéger.

Suite: Comment diminuer les risques?


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