Des capacités cérébrales supérieures pour les sportifs

Étude

Photo Agence QMI

Les sportifs professionnels ont-ils aussi des capacités cérébrales hors normes ? C'est en tout cas ce que tend à démontrer une expérience réalisée par un chercheur de l'Université de Montréal, publiée jeudi dans Scientific Reports de la revue Nature.

Jocelyn Faubert, de l'Ecole d'optométrie, a mis à contribution un total de 102 sportifs professionnels: 51 footballeurs du championnat d'Angleterre (Premier League), 30 rugbymen du Top 14 français et 21 joueurs de la Ligue nationale de hockey (NHL) nord-américaine.

Ont également pris part à l'expérience 173 sportifs amateurs de haut niveau, recrutés aux États-Unis et en Europe, ainsi que 33 étudiants non-sportifs de l'Université de Montréal. La moyenne d'âge de chacun des trois groupes se situait entre 23 et 24 ans.

Les participants ont été soumis à 15 reprises à un test d'activité cérébrale élaboré par le Pr Faubert, le «3D-MOT», consistant à suivre quatre sphères identifiées pendant 1 seconde, parmi 8 sphères identiques, en mouvement dans un espace virtuel représenté en trois dimensions sur un écran.

Il s'agissait pour le chercheur d'évaluer des capacités jugées essentielles pour visualiser des scènes complexes : répartition de l'attention entre un nombre de cibles en mouvement parmi des éléments distrayant l'attention, vitesse maximale des objets qu'une personne est en mesure de suivre, capacité de perception de la profondeur...

Les capacités cognitives permettant d'interpréter correctement les scènes abstraites en mouvement s'apparentent à des situations comme conduire une voiture, traverser la rue, ou encore s'adonner à un sport, selon le chercheur.

Les résultats ont montré que les sportifs professionnels étaient en mesure d'apprendre à un rythme nettement supérieur comment suivre des objets se déplaçant rapidement, même si chacun des trois groupes a amélioré ses résultats tout au long des 15 séances.

«Même si le contexte n'avait rien à voir avec quelque sport que ce soit, nous avons constaté que les athlètes professionnels étaient en mesure de traiter les scènes visuelles beaucoup mieux que les athlètes amateurs, qui à leur tour ont mieux réussi que les étudiants», a indiqué le Pr Faubert. «En d'autres termes, ils sont plus habiles pour apprendre comment interpréter le monde réel en mouvement», a-t-il expliqué dans un échange de mails avec l'AFP.

Il semble qu'ils soient capables de concentrer leur attention avec une plus grande acuité. «Le processus mental et les aptitudes d'apprentissage sont manifestement la clé de l'excellente performance des sportifs professionnels», a souligné le chercheur.

«Par contre, nous ne savons pas encore si cette capacité d'apprentissage supérieure est propre aux sportifs professionnels et si, de surcroît, il s'agit de capacités innées qui leur ont permis d'être sélectionnés par leur équipe respective, ou si ces compétences ont été acquises dans le cadre d'un entraînement poussé», a-t-il ajouté.

Une étude récente a montré que des athlètes de haut niveau présentaient une augmentation de l'épaisseur du cortex dans des régions du cerveau et que cette augmentation était corrélée avec leur niveau d'entrainement sportif.


Vidéos

Photos