Emmanuelle Gril
Canoë

Les gars ne veulent pas d'aide

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Emmanuelle Gril

En 1992, naissait le Réseau Hommes Québec sous l'impulsion de Guy Corneau. L'auteur du célèbre Père manquant, fils manqué, souhaitait en effet mettre à la disposition des hommes un moyen de cheminer sur le plan personnel, et ce, de façon peu coûteuse. Depuis, cet organisme a fait des petits dans huit régions du Québec et compte actuellement une trentaine de groupes actifs.

Le Réseau Hommes Québec (RHQ) est un organisme sans but lucratif dont la mission consiste à entretenir un réseau de groupes d'écoute, de parole et d'entraide.

Le but? Aider les hommes à accroître leur estime personnelle, leur apprendre à mieux communiquer, à améliorer la qualité de leurs relations, bref, à se sentir mieux dans leur peau.

Malgré ces nombreux effets positifs, les hommes ne sont pas toujours prêts à décrocher le téléphone et à aller chercher de l'aide. Plusieurs d'entre eux ont en effet l'impression «qu'ils n'ont pas besoin de ça».

«La plus grande difficulté au recrutement réside dans les conditionnements sociaux reliés à notre conception de la masculinité», souligne François Camus, directeur général du RHQ. «Dès le plus jeune âge, les hommes se font dire qu'ils doivent être forts, en contrôle, qu'un homme, ça ne pleure pas, etc. Résultat, ils se coupent de leurs émotions et ont tendance à cacher leurs difficultés», ajoute-t-il. Par conséquent, ils répugnent à l'idée d'aller chercher de l'aide, même lorsqu'ils en ont besoin.

Un soutien à long terme

Le principe de fonctionnement du RHQ est simple. On laisse un message sur la boîte vocale de l'organisme, et dans les 48h un bénévole nous contacte pour évaluer nos besoins.

Si on est intéressé, on est alors invité à assister à une réunion de groupe pour voir si cela nous convient. Si l'expérience nous plaît, on s'inscrit alors à un groupe de discussion qui réunira six à huit personnes.

Un «parrain» participe aux premières réunions du groupe et agit à titre de «coach» pour rendre le groupe autonome. Au bout de neuf à 10 séances, le groupe s'autogérera lui-même.

Habituellement, les rencontres ont lieu une soirée toutes les deux semaines. Les discussions peuvent tourner autour d'un thème en particulier, ou bien chacun parle à tour de rôle du sujet qui le préoccupe.

Le contenu des échanges est similaire à celui d'une thérapie, mais sans le thérapeute, le groupe fonctionnant selon une dynamique d'autogestion. Ces services sont axés sur le long terme, six mois ou plus. Certains groupes sont d'ailleurs actifs depuis 16 ans!


Il en coûte 50 $ pour l'inscription initiale, ensuite on débourse 25 $ par année, plus les frais éventuels de location d'un local accueillant les réunions du groupe (en général, 2 à 3 $ par rencontre).

Une méthode éprouvée

Selon François Camus, les thèmes abordés dans les groupes sont variés, et touchent généralement les difficultés que l'on peut connaître dans son couple, dans les relations avec ses enfants, en particulier à l'adolescence, ou concernant des blessures par rapport à ses propres parents.

«Il est aussi question des objectifs de vie et des transitions, des grands changements dans l'existence, comme l'arrivée du premier enfant, un nouveau couple, un deuil, l'adaptation à la retraite, à un nouvel emploi, etc.», énumère-t-il.

Et manifestement, ça fonctionne! «Seul, on ne trouve pas toujours les réponses. La force du groupe est d'offrir une écoute active, d'aider à comprendre son propre vécu à travers l'expérience des autres. Le fait qu'il y ait une rencontre aux deux semaines donne aussi une certaine discipline, nous force à nous arrêter, pour réfléchir et faire le point», ajoute François Camus.

Pour en savoir plus: www.rhquebec.org
1 877 908-4545

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