Felix Baumgartner tentera mardi de franchir le mur du son en chute libre à l'occasion d'un saut réalisé depuis une capsule spatiale envoyée à 36 576 mètres d'altitude. Cela fait cinq ans qu'il se prépare à cet exploit, mais l'attente la plus insoutenable pourrait se faire ressentir dans les 24 heures qui précéderont le décollage.
Lorsque l'Autrichien s'est réveillé lundi matin, une journée avant de tenter le saut le plus haut jamais réalisé, ce sera avec la certitude d'avoir fait tout ce qu'il pouvait pour se préparer à cette chute libre depuis la frontière de l'espace. Alors, en attendant le déclenchement du compte à rebours, tout ce qu'il aura de mieux à faire sera de se reposer et de préserver toute son énergie pour la longue nuit d'intense activité qui précédera, à l'aube, le lancement du ballon géant.
«J'atteindrai probablement mon pic d'anxiété dans les heures qui précéderont les derniers préparatifs, lorsque j'essaierai de dormir, que tout sera calme et que je serai seul avec mes pensées, a-t-il avoué dans un communiqué de Red Bull Stratos. En revanche, une fois la journée commencée, j'aurai une multitude de choses à faire et mon esprit sera en permanence occupé à quelque chose.»
Voici à quoi les dernières heures précédant le lancement risquent de ressembler :
- Moins de 24 heures : Baumgartner commencera la journée par un léger entraînement cardio, destiné à lui permettre de «se relâcher et se détendre», a déclaré Andy Walshe, directeur de Red Bull High Performance.
- Moins de 18h30 : L'Autrichien de 43 ans retournera à son hôtel pour se reposer. S'il n'est pas capable de dormir, il en profitera pour discuter avec ses amis proches et sa famille, lire les messages d'encouragement qui lui ont été adressés, jeter quelques esquisses sur son carnet de dessin - un loisir qui, d'après lui, permet de se libérer l'esprit - ou passer mentalement en revue les paramètres de la mission.
- Moins de 13h30 : Baumgartner rejoindra les membres de l'équipe pour un dîner léger composé d'aliments préparés pour lui. En effet, dans les 24 heures précédant son saut, il doit s'astreindre à un régime pauvre en fibres, prescrit par l'équipe médicale de la mission. Il est essentiel qu'il ne mange que des aliments rapidement assimilables par son système digestif, qui ne laissent aucun résidu pouvant se transformer en gaz : dans le cas contraire, ces gaz pourraient se dilater dans son organisme en raison de la faible pression de la stratosphère et entraîner d'importantes sensations d'inconfort.
- Moins de 12h00 : Baumgartner essaiera de se coucher tôt, avant même la tombée du soleil. Il tentera de supprimer le moindre rai de lumière extérieure et de s'isoler au maximum du bruit des ventilateurs ou des personnes circulant dans les couloirs. Il est indispensable qu'il dorme quelques heures en prévision de son réveil avant l'aube, même s'il ne pourra pas s'empêcher d'imaginer ce qui l'attendra lorsqu'il tentera de devenir le premier homme à dépasser la vitesse du son en chute libre.
- Moins de 4h30 : Baumgartner a l'habitude de dire qu'il est toujours prêt au moment voulu. Bien qu'il ait besoin de dormir aussi longtemps que possible, il lui faudra se lever entre quatre et cinq heures avant l'aube pour se préparer à cette journée intense.
- Moins de 3h30 : Baumgartner arrivera sur le site de lancement accompagné de Walshe. Les dirigeants de l'équipe, dont le colonel Joe Kittinger, le directeur technique du projet Art Thompson et le météorologiste Don Day, lui feront un compte-rendu personnalisé des préparatifs du lancement, qui auront déjà commencé depuis cinq heures.
- Moins de 3h00 : Baumgartner se rendra sur la piste où, selon son habitude avant chaque vol, il réalisera une inspection méticuleuse de la capsule.
- Moins de 2h30 : Baumgartner se soumettra à un dernier contrôle médical dans sa caravane personnelle, tandis qu'un appareil de contrôle physiologique compact et dernier cri sera fixé autour de son torse. Il le portera tout au long de la mission, sous sa combinaison pressurisée.
- Moins de 2h00 : L'ingénieur en systèmes de survie Mike Todd aidera Baumgartner à revêtir sa combinaison, une étape rigoureuse avant que l'Autrichien n'aille «prérespirer» de l'oxygène pendant deux heures afin d'éliminer l'azote présent dans son sang, qui pourrait se dilater dangereusement avec l'altitude. Des vidéos l'aideront à passer le temps jusqu'à ce qu'on lui annonce que le gonflage du ballon a commencé et qu'il peut entrer dans la capsule.
- Moins de 0h30 : Baumgartner sera sanglé au siège de la capsule avant d'effectuer les derniers contrôles de ses instruments sous la direction de Mission Control. Puis, l'ingénieur spécialisé dans la capsule, Jon Wells, scellera la porte en acrylique transparente. Baumgartner devra alors attendre la fin du décompte pendant plusieurs longues minutes avant de pouvoir décoller.