S’il y a une côte, on peut très bien faire du longboard à deux pas de chez soi. On peut également dévaler un col à toute allure en Italie ou prendre part à une compétition de haut niveau dans les Pyrénées. Maxim Garant Rousseau n’est pas étranger à cette réalité, lui qui se classe présentement au 21e rang mondial en longboard. Petite présentation d’un univers où la vitesse et les courbes sont reines.
«La planche de longboard, à la base, c’est un skateboard», explique Maxim Garant Rousseau. En plus d’être plus long qu’une planche à roulettes d'au moins dix centimètres, un longboard possède également des essieux plus larges. «Le longboard est orienté vers les sensations de roulement plutôt que vers les manœuvres», ajoute celui qui était aux Championnats du monde de Calgary il y a à peine un mois, en compétition contre près de 200 athlètes.
Moyen de transport pratique et peu coûteux, plusieurs s'achètent un longboard pour se déplacer d’un point à un autre et… bang, ils tombent amoureux. Maxim Garant Rousseau en est l’exemple parfait. Alors qu’il ne faisait au départ que du style libre (des figures avec sa planche), il a découvert la vitesse. «J’ai eu la piqûre», s’enthousiasme-t-il.
Sa planche sous les pieds, il parcourt le monde depuis trois ans, poussé par de fidèles commanditaires, mais, surtout, par une puissante faim de vitesse et de virages serrés. L’athlète de 23 ans, qui travaille également dans le monde des communications, a pris part à des compétitions de niveau international au Canada, dans l’Ouest américain (notamment en Californie) et dans de nombreux pays européens. L’événement qui l’a le plus marqué? Le Kozakov Challenge en République tchèque. «C’est le parcours le plus difficile au monde», précise Maxim Garant Rousseau, mettant l’accent sur les pointes à 95 km/h de cette descente.
Malgré la neige qui recouvre le Québec plusieurs mois par année, empêchant les adeptes de longboard de prendre d’assaut les routes de la province, Maxim Garant Rousseau est loin d’être le seul Québécois à se distinguer dans ce sport. «On se démarque vraiment bien et on ne passe pas inaperçus avec notre accent», indique celui qui avoue ne s’entraîner que pour son plaisir, lorsqu’il en a envie. Que ce soit grâce à leurs habiletés en descente, en style libre ou encore en slalom, les athlètes québécois ont souvent de bons résultats au niveau mondial, par exemple, Louis Ricard, originaire de Québec, qui est actuellement champion du monde en slalom.
On ne devient cependant pas expert de longboard du jour au lendemain. «Ça prend beaucoup de discipline parce que tu n’as pas de coach, ça ne dépend que de toi», souigne Maxim Garant Rousseau. La volonté est un moteur important derrière les athlètes de longboard. Et, bien entendu, le goût de l’aventure, du risque… Pour se lancer sur des routes à des vitesses allant, en moyenne lors des compétitons, entre 70 et 95 km/h, «ça prend une certaine témérité», selon celui qui a d’ailleurs passé une bonne partie de l’entrevue à se déplacer sur sa planche.
Des risques, oui. Maxim Garant Rousseau mise toutefois sur des risques calculés, lui qui dit avoir une très grande peur de mourir. «Je vais peut-être me lancer sur une route à 100 km/h, mais si la route est fermée, que je suis protégé et qu’il y a des bottes de foin sur le côté», lance le jeune homme.