Remplacer entraînements redondants par une activité physique plus extrême, c’est loin d’être impossible. Et nul besoin de s’aventurer à des kilomètres pour ce faire. Dépassement physique comme mental, l’escalade de bloc nécessite une forme incroyable. Ce sport, en plein essor depuis quelques années, exige un travail complet du corps, dont la musculation est mise à rude épreuve pour atteindre le haut de la voie. Mouvements complexes et problèmes difficiles à résoudre, les apprentis grimpeurs n’ont qu’à bien se tenir.
«Le bloc, c’est ce que ton corps est capable de prendre à sa limite la plus extrême», explique Guillaume Raymond, kinésiologue et entraîneur d’escalade. Selon lui, les mouvements les plus éprouvants de la discipline se trouvent dans l’escalade de bloc. Alors que grimper en cordée nécessite beaucoup d’équipement, résoudre un problème de bloc ne demande que deux choses: de la volonté et de la force.
Bien que l’on puisse être tenté de croire que les bras et les doigts font tout le travail lorsqu’on pratique ce sport extrême, les abdominaux sont aussi très présents dans ce type d’entraînement. «C’est vraiment ça qui génère la tension entre les pieds et les mains», confirme le passionné d’escalade, qui grimpe à l’intérieur comme à l’extérieur depuis sept ans. Le travail du dos et la coordination nécessaire entre le haut et le bas du corps sont deux éléments qu’un grimpeur ne doit également pas négliger. «Physiquement parlant, c’est extrêmement exigeant», affirme Guillaume Raymond, l’un des membres de Professional Climbers International (PCI), un rassemblement de grimpeurs enseignant l’escalade.
Et si le mental est aussi important lorsqu’on grimpe, c’est que les grimpeurs font face à plusieurs obstacles. «C’est vraiment un puzzle à résoudre», indique l’entraîneur de 25 ans. Il faut commencer l’ascension les fesses au sol et se rendre jusqu’au haut du mur sans tomber, en naviguant tant bien que mal à travers les prises devant soi. Maîtriser un problème peut prendre plusieurs séances, tant les défis sont grands et les divers niveaux ardus.
«C’est très exigeant au niveau de la persévérance, souligne Guillaume Raymond. Tu es confronté à toi-même.» Le combat peut d’ailleurs s’avérer pénible, puisque rares sont ceux qui excellent dès le début. «Ce n’est pas parce que tu es en forme que tu vas bien grimper, précise celui qui entraîne des sportifs du Canada, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. C’est un peu une illusion!»
En plus d’avoir sa propre entreprise, le bachelier en kinésiologie, qui a d’abord travaillé en réadaptation, rencontre des grimpeurs au Shakti Rock Gym, un lieu d’entraînement réservé à l’escalade de bloc. Ouvert depuis avril, l’emplacement de Montréal – 175, rue Saint-Viateur Est – présente des murs de deux hauteurs différentes, soit 12 et 18 pieds, en bas desquels sont posés des matelas assez épais pour assurer des chutes sécuritaires.
Le nombre d’endroits de ce genre ne cesse d’augmenter partout en province, et des séances d’essai sont généralement offertes aux nouveaux venus. Pas besoin de certification ni de partenaire, seulement de souliers d’escalade, de poudre de magnésie… et de détermination.