Au revoir le veston, le tailleur et les responsabilités quotidiennes! Tous les dimanches, quelques dizaines d'hommes et de femmes de tous métiers confondus se transforment en guerriers le temps d'un entraînement à l'épée en mousse, au pied du mont Royal.
Dès la fonte des neiges jusqu'à la première vraie bordée, ils se retrouvent au pied de la montagne, attirant les curieux. Par temps sec, un nuage de sable s'élève sous les pieds des combattants, donnant l'impression qu'une brume de magie entoure les combats.
Il s'agit pour eux d'un entraînement sérieux. En plus de leur permettre de garder la forme, ces combats, que ce soient des duels ou des groupes qui s'opposent, leur donnent la possibilité d'affiner leur technique, comme les feintes et les esquives.
Ils ont ainsi plus de facilité à remporter les batailles et les tournois de toutes sortes dans des événements immersifs médiévaux ou fantastiques, qui se passent à l'extérieur de Montréal. C'est le cas pour les Guerriers de la montagne et les Lions blancs, deux redoutables groupes qui se distinguent au combat.
Isolant et pvc
Tout le monde peut participer gratuitement, mais l'équipement n'est pas fourni.
Les armes, faites à la main par des amateurs ou des professionnels, ont une tige rigide comme de la fibre de verre ou un tuyau de pvc, enrobée de mousse d'une bonne épaisseur. La mousse peut être sculptée pour la rendre plus réaliste. Elle est ensuite recouverte de latex peint ou de ruban adhésif gris.
Même si les armes sont les plus sécuritaires possibles, des accidents peuvent se produire. C'est normal dans ce genre d'activité, dit Dominic Patry-Sauvé. Lui-même s'est fait une tendinite au coude et a déjà cassé le nez d'un enfant qui voulait «faire comme les grands».
Sport de contact
Les enfants peuvent se joindre à eux, mais avec l'accord des parents. Ceux-ci doivent être avisés et conscient des risques. «Laisserais-tu ton enfant jouer au football avec les adultes?, demande Julien Fontaine aux parents. C'est un sport de contact qui peut devenir violent.»
La violence abusive et les querelles ne sont toutefois pas tolérées. Si quelqu'un est agressif et qu'il désire se défouler, ils sont plusieurs à lui dire que ce n'est pas une bonne idée, note M. Patry-Sauvé, ébéniste de formation.
Si quelques insultes sont lancées par-ci par-là, le sourire et la camaraderie revient généralement aussitôt le combat terminé.
Les arcs et flèches ont pour leur part été bannis en raison de trop grand nombre de blessures. Des gens peu habitués arrivaient avec des flèches avec seulement de la mousse pour cacher la pointe de métal, alors que normalement un bouchon de liège y est fiché.
Un participant a des problèmes de vision depuis que sa cornée a été détachée par une flèche il y a trois ans. Depuis, il a été convenu que ce ne serait plus accepté.
Un vote tenu à ce sujet il y a deux semaines confirme que la volontaire de combattre de manière sécuritaire est toujours là.