AFP

Brompton, le vélo pliable au succès vitesse grand V

Royaume-Uni - Brompton, le vélo pliable au succès vitesse grand V

William Butler-Adams,le PDG de Brompton Bikes. Photo AFP

«Vous êtes venus en vélo au moins? Non? Pauvres pécheurs!»

Chez Brompton, on pense vélo, mais vélo pliable. Devenue florissante, cette affaire de passionnés exporte aujourd'hui ses deux roues "made in London" dans le monde entier mais se refuse à céder aux sirènes de la croissance à tout-va.

Jean, polo, pull ras du cou. William Butler-Adams, 38 ans, n'a pas vraiment le look et le langage qu'on attend d'un PDG. Mais la croissance impressionnante de son entreprise ferait pâlir d'envie nombre de patrons en costume-cravate.

«Nous avons eu une croissance annuelle d'environ 20% au cours des huit dernières années, ce qui signifie que nous doublons la taille de l'entreprise tous les 4-5 ans», explique fièrement cet ingénieur en mécanique qui a rejoint Brompton après avoir rencontré le meilleur ami du fondateur Andrew Ritchie ... dans un bus.

L'histoire de Brompton remonte à 1975. Ingénieur de formation, Andrew Ritchie, qui est désormais directeur technique et premier actionnaire de l'entreprise, commence à dessiner un vélo pliable dans son appartement. Avec vue sur l'Oratoire de Brompton, dans le quartier de South Kensington à Londres, qui donnera son nom à la marque.

La marque de vélos Raleigh refuse son prototype. Il se décide alors à le produire lui-même mais les débuts de Brompton ne sont pas faciles et l'entreprise met dix ans à trouver des financements pérennes.

En 2012, Brompton a produit 36 000 vélos contre 5 000 lors de l'arrivée de M. Butler-Adams il y a douze ans. Le chiffre d'affaires s'élève à environ 20 millions de livres (près de 24 millions d'euros) pour un bénéfice net de 2 millions. Environ 250 000 Brompton ont été vendus jusqu'à présent.

Attribut de nombreux cadres branchés Londoniens -comptez en moyenne 900 livres (près de 1 100 euros)(1 361$ CAN) pour un vélo pesant entre 9 et 12,5 kilos-, le Brompton a fait des émules dans d'autres grandes métropoles du monde, notamment en Asie.

«Nous exportons environ 80% (de la production) sur 42 marchés», indique M. Butler-Adams.

Dans l'usine de l'ouest de Londres, les vélos à l'assemblage, tous fabriqués sur commande, sont destinés au Japon, le premier marché du groupe à l'export devant les Pays-Bas.
Mais pas question de se laisser enivrer, Brompton ne veut pas céder aux sirènes de la croissance à tout-va et de la délocalisation.

«Ce que nous ne voulons pas, c'est être comme un enfant dans un magasin de bonbons criant ''oh, mon dieu !'' et foutre en l'air ce qui est l'essence de cette entreprise, faire un satané bon vélo», insiste le patron de Brompton.

«Nous possédons la boîte», dont le capital est partagé entre M. Ritchie et ses amis, M. Butler-Adams et les siens et les salariés, «nous n'avons pas un fond d'investissement qui nous dirait ''allez'', il y a de l'argent, des masses d'argent, développez-vous et ensuite ''boom''».

Fierté de ses salariés, dont les polos sont ornés pour certains de l'Union Jack, Brompton fabrique tous ses vélos à Londres. La qualité y est une obsession. Le moindre détail est passé au crible.

«Sur le papier, on pourrait penser qu'aller en Chine nous reviendrait moins cher mais avec l'aide, le temps et l'énergie qui serait nécessaire pour gérer cela si loin, je ne suis pas sûr que ce serait le cas. Mais la raison première est la propriété intellectuelle», explique M. Butler-Adams.

Brompton, qui vient de faire son entrée en septembre sur le marché chinois sur lequel il compte beaucoup, a décidé pour la première fois d'ouvrir sa propre boutique à Shanghai, afin de tout contrôler et d'éviter les copies.

Investissant beaucoup dans la recherche et développement - «le meilleur marketing est de se concentrer sur le produit», dit le patron de la marque qui ne fait pas de publicité -, Brompton a plein de projets et travaille en particulier depuis cinq ans sur un vélo pliable électrique.

Sans précipitation. Il ne sera sur le marché que «quand il sera prêt». «Nous aurions pu le sortir il y a deux ans mais cela aurait été minable».



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Photos

Vidéos