Ses élèves l'appellent Monsieur LEGO

Vidéo virale - Ses élèves l'appellent Monsieur LEGO

 Photo Agence QMI

Ewan Sauves

MONTRÉAL - Pour réaliser ses courts-métrages, Marc-André Caron utilise plus de 40 000 briques LEGO, 400 figurines, un ordinateur et son sous-sol.

Professeur d'histoire à temps plein, et mordu d'animation et de jeu de construction à temps partiel, l'homme de 37 ans met en ligne son travail sur YouTube.

«Quand je dis aux gens que j'achète encore des LEGO à mon âge, ils se moquent de moi. Mais je leur dis de venir voir ce que je fais avec ces briques, a raconté M. Caron, originaire de Beloeil. Les gens ont un préjugé, mais j'ai un attachement personnel pour les Lego et ils se prêtent très bien à l'animation.»

Vendredi, l'enseignant a ajouté la touche finale à sa toute dernière production, Tout le bloc en parle, qui parodie l'émission diffusée sur les ondes de Radio-Canada, Tout le monde en parle. La vidéo avait été visionnée plus de 11 000 fois lundi soir.

Réalisé spécialement pour la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), le film animé en LEGO a pour but de valoriser le métier d'enseignant; un thème qui interpelle particulièrement le professeur d'histoire.

«Cette profession est moins valorisée qu'elle ne l'a déjà été. C'était un statut social et maintenant, c'est seulement un travail comme les autres, a expliqué Marc-André Caron. Pour être professeur, ça prend du dévouement, de l'implication et de l'imagination.»

Vidéo virale

Les débuts de M. Caron comme vidéaste remontent à l'été 2011. Simplement curieux, le passionné s'est emparé des blocs LEGO de ses enfants et leur a donné vie, à l'aide de la caméra de son ordinateur. Sa première création, intitulée Team Norac, reprenait des scènes de films mythiques comme Star Wars. Il a aussitôt attrapé la piqûre du tournage.

C'est toutefois grâce à son œuvre d'action JuraBrick Park que Marc-André Caron surfe sur la vague du succès au Québec. Avec plus d'un million de clics sur YouTube, l'enseignant est devenu la référence dans le domaine des «brickfilms».

«J'ai pris le nom de «MonsieurCaron» pour ma chaîne YouTube, mais mes élèves à l'école m'appellent «Monsieur LEGO», a raconté en riant le professeur d'histoire à l'école secondaire Polybel, à Beloeil. Chaque fois que j'entre en classe, c'est le même refrain : «Monsieur, avez-vous fait un nouveau film?»»

Depuis la mise en ligne de JuraBrick Park, Marc-André Caron enfile les contrats. L'année dernière, par exemple, le Syndicat de l'enseignement de Champlain lui avait commandé deux publicités pour dénoncer les coupes en éducation annoncées par l'ancien gouvernement libéral et les positions de la Coalition avenir Québec quant aux commissions scolaires.

«Être payé pour jouer aux blocs Lego, c'est un rêve de petit gars devenu réalité», a confié M. Caron.


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