La Force règne toujours au Skywalker Ranch

La Force règne toujours au Skywalker Ranch

Le ranch de George Lucas est situé près de San Francisco. Photo Véronique Dupont / AFP

Véronique Dupont

NICASIO - George Lucas, l'inventeur de la saga au succès interplanétaire Star Wars, a beau avoir pris sa retraite, son esprit plane partout dans son célèbre Skywalker Ranch.

Les rares visiteurs pénètrent dans l'immense domaine verdoyant de 19 kilomètres carrés, tout près de San Francisco, par une route qui ondule autour de collines, vergers et pâturages peuplés de vaches et de biches.

Son et lumière

Le créateur des chevaliers Jedi et d'Indiana Jones a acheté la propriété en 1978 grâce au succès du premier opus de Star Wars, pour réaliser son rêve d'un havre de création cinématographique en marge d'Hollywood. Selon le Wall Street Journal, le ranch lui aurait coûté en tout 100 millions de dollars.

Le domaine possède de multiples salles de projection, des vignes, une piscine sous-terraine et même une petite auberge pour les clients et amis privilégiés du maître des lieux.

«Nous avons notre propre police alors ne vous éloignez pas du groupe, ils ne sont pas particulièrement souples», avertit une porte-parole pendant la visite.

Devant un étang artificiel surnommé «lac Ewok», on arrive dans le bâtiment dit «technique» en briques qui abrite les studios Skywalker Sound, spécialisés dans les effets spéciaux sonores pour films de science-fiction ou fantastiques comme ceux de Lucas ou pour des clients extérieurs, comme récemment Les gardiens de la galaxie.

Y travaillent de nombreux collaborateurs de longue date de «George», qui se réfèrent sans cesse aux pratiques et à l'esprit de leur mentor.

«George disait toujours que le son, c'est 50 % de l'expérience cinématographique», raconte ainsi Matthew Wood, l'un des employés de Skywalker Sound.

De l'autre côté de l'étang, la «maison principale» blanche au toit d'ardoises et aux dizaines de pièces abrite une bibliothèque de recherche de 21 000 titres, et les anciens bureaux du maître des lieux, âgé de 71 ans et qui n'y vient plus guère.

George Lucas «a pris sa retraite, il vient de se remarier et d'avoir un bébé, il travaille à son projet de musée d'art narratif à Chicago», explique une porte-parole.

Préserver la magie

Décorés d'objets de tournage comme le lasso d'Indiana Jones, ou de pièces de la collection d'art de Lucas, notamment de nombreuses toiles de Norman Rockwell, la bâtisse est entretenue comme un musée.

Le cinéaste a vendu fin 2012 sa société et les droits de son épopée spatiale, l'une des plus lucratives de l'histoire, à Disney pour 4 milliards de dollars.

L'empire des médias et du divertissement entend maintenant rentabiliser son investissement.
Trois nouveaux longs-métrages sont prévus, dont l'«Épisode 7», actuellement en tournage à Londres, et le dessin animé Star Wars Rebels, qui sortira sur la chaîne Disney XD dans 46 pays en octobre.

Au coeur de San Francisco, au siège de Lucas Films, les anciens collaborateurs du cinéaste ont repris les manettes avec pour mission de faire prospérer la saga, tout en préservant son attrait pour des millions de fans.

Une nouvelle génération

Avec Star Wars Rebels, qui vise les garçons de 6 à 12 ans, Disney et Lucas Films veulent aussi convertir une nouvelle génération à l'univers des Jedi et de la Force.

La série TV «représente une nouvelle ère pour l'entreprise», estime Dave Filoni, producteur exécutif, dans les bureaux du studio, décorés de la collection de centaines d'affiches de films de George Lucas, de statues de Dark Vador, monstres et navettes spatiales.

Star Wars Rebels met en scène cinq rebelles fugitifs qui vivent dans leur vaisseau et qui, comme il se doit, combattent un «Empire» malfaisant.

«George a toujours dit qu'on ne peut s'appuyer uniquement sur les vaisseaux et les sabres lasers, il faut une famille de personnages solide», ajoute Dave Filoni, coiffé de son éternel chapeau de cowboy noir.

Il assure que la collaboration avec Disney est fructueuse. «Ils ont beaucoup de respect pour la série, ils savent que c'est nous qui la connaissons le mieux» et que trop d'interventions pourraient tuer la poule aux oeufs d'or, soutient-il.


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