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«Street art» à Montréal - Beaux Dégâts , une compétition d'art éphémère
Photos: Stéphanie Camirand

«Street art» à Montréal

Beaux Dégâts, une compétition d'art éphémère

Geneviève Raymond | Agence QMI  | 17 octobre 2012
 
 

Des graffiteurs et artistes s’affronteront le samedi 20 octobre lors de la 6e édition de l’événement Beaux Dégâts, organisé à la Fresh Paint Gallery au cœur du centre-ville, sur la rue Sainte-Catherine. Des équipes formées de deux à cinq personnes ont deux heures pour créer une œuvre avec une thématique et des contraintes imposées à la dernière minute.

Durant la soirée rythmée par la musique de DJ, le public votera en lançant des canettes de bière vides dans la poubelle de son équipe préférée. L’équipe gagnante aura le droit de saccager le travail des perdants. «L’idée de barbouiller par-dessus les autres vient de ma culture à moi, le graffiti», a dit Sterling Downey, fondateur du festival et du magazine Under Pressure.

En août 2011, il a ouvert avec ses collaborateurs la Fresh Paint Gallery, qui reçoit près de 3000 visiteurs par mois. L’équipe de bénévoles souhaite briser les tabous sur l’art de la rue en offrant un lieu d’interaction entre les amateurs de graffitis et leurs créateurs.

«Ce n’est pas un espace pour que les jeunes s’expriment. On n’est pas “kid”. On est des professionnels de 25 à 40 ans, qui travaillent dans le milieu de l’art graphique, en design et en marketing», a expliqué Sterling Downey.

Les graffitis qui tapissent la métropole sont surtout des signatures faisant la promotion du graffiteur. «Il est possible d’avoir des carrières sérieuses, a-t-il dit. Des compagnies peuvent engager le graffiteur qui s’est démarqué dans la rue pour rendre leur produit “cool”.»

Les artisans de la Fresh Paint Gallery souhaitent non seulement donner une vitrine au «street art», mais surtout créer un lieu de discussion et d’échange dédié aux graffiteurs et aux artistes de divers horizons. «Aux Beaux Dégâts, les équipes en compétition amènent leur groupe d’amis. On crée une communauté en défaisant les barrières entre différents individus qui, autrement, n’auraient pas interagi».

Selon M. Downey, le public est impliqué dans la création des murales parce qu’il contribue à l’ambiance survoltée de l’événement. «Les spectateurs sont des actionnaires d’Under Pressure».

La Fresh Paint Gallery déménage

Depuis 14 mois, la Fresh Paint Gallery occupe gratuitement les locaux d’un lieu historique où est né le premier quotidien francophone d’Amérique du Nord, La Patrie. Sterling Downey et ses collaborateurs déménageront leurs pénates au courant de l’hiver pour se renouveler.

«Rester un an, c’était contre nos principes parce qu’on est devenu une institution, a avoué M. Downey. Ce n’est pas parce qu’il existe un lieu que ça crédibilise le “street art”. Un graffiteur n’a pas besoin d’une institution pour valider son œuvre».

Surveillez les réseaux sociaux pour découvrir le nouvel emplacement de la Fresh Paint Gallery.

 
 

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