Obama ou pas, le Ku Klux Klan (KKK) est toujours très actif aux États-Unis. C'est ce qu'affirme Roger Martin, spécialiste français de l'ultra-droite américaine, à travers AmeriKKKa, une série inspirée d’effroyables faits réels.
Le groupe suprématiste et ségrégationniste, fondamentalement raciste et xénophobe, se serait adapté à la société. Il se serait notamment politisé en infiltrant le mouvement ultra-conservateur Tea Party, ici et là. «Cela n'empêche pas, selon l’auteur, que milices, groupuscules survivalistes, néo-nazis et klanistes fleurissent plus que jamais», et que s’ils tuaient et terrorisaient les Noirs hier, ils se battent autant aujourd’hui contre l'immigration hispanique et asiatique, que contre l'avortement, l'homosexualité ou la théorie de l'évolution. Et avec violence si affinité.
Ce que raconte Martin depuis plus de 20 ans, c’est que la constitution américaine reconnaît à un nazi le droit de l’être, et que dans certains États, le racket, les assassinats ou le trafic d’armes sont perpétrés clandestinement par le KKK avec la complaisance des autorités. Il cite notamment l’Alabama, le Colorado, la Georgie, l’Idaho, ou encore le Mississippi.
Militant
«Les milices du Montana » est le huitième tome des aventures de deux agents du Centre pour un renouveau démocratique, qui lutte avec un infini dégoût contre cette « Amérique fasciste». Steve et Angela sont envoyés cette fois-ci en mission dans l'un des États les plus racistes des États-Unis, où des Amérindiens se sont fait sauvagement assassiner. On essaie de leur faire croire qu'il s'agit d’un vulgaire règlement de compte tribal, mais le couple voit plutôt un lien entre le Klan, dont ils ont aperçu une vieille connaissance, et un consortium minier qui convoite les mines d'or et d'uranium des montagnes du Montana.
Pour mettre en scène ces faits-divers ahurissants, romancés pour que la pilule soit moins dure à avaler, Roger Martin fait équipe avec Nicolas Otéro, un dessinateur lyonnais au style semi-réaliste qui vomit le racisme et voue une haine assumée contre les fachos de ce monde. On se demande d’ailleurs s’il ne se projette pas un peu dans le personnage de Steve, qui ne se prive jamais de jouer du poing avec une bonne vieille crapule suprématiste quand il en a l’occasion. Quoi qu’il en soit, son coup de crayon donne un côté militant, de la sueur et du sang, à cette BD docu-fiction. Du premier au dernier tome, c’est effarant, mais bizarrement distrayant.
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Dans le même esprit, je vous recommande la lecture de Motherfucker, de Sylvain Ricard et Guillaume Martinez, un récit passionnant sur la montée en puissance du mouvement des Black Panthers, un groupe révolutionnaire de défense de droits des Afro-Américains né dans les années 70 aux États-Unis. Cette bande dessinée, servie par de superbes dessins en noir et blanc, est malheureusement source de frustration puisque l'éditeur, Futuropolis, a décidé de la publier en deux parties. On attend donc la suite avec impatience.
Et pendant que j’y suis, je vous suggère de jeter un oeil sur In the name of..., publiée chez KSTR. Will Argunas y anticipe une petite révolution dans la foulée de l'accession d’un Noir à la présidence des États-Unis : et si le prochain pape était un Africain, et que le Vatican passait à la religion 2.0? Ce n’est pas la BD de l’année mais le scénario de ce polar a le mérite de faire réfléchir.
AmeriKKKa (Tome 8) - Les milices du Montana
Roger Martin et Nicolas Otéro
Emmanuel Proust Éditions
46 pages
23,95 $
Motherfucker - Tome 1
Sylvain Ricard et Guillaume Martinez
Éditions Fututopolis
64 pages
24,95 $
In the name of...
Will Argunas
KSTR
112 pages
28,95 $
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