Le 19 juin 2013
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Montréal - Des BD à vendre sur le trottoir
Photos: Étienne Laberge / Agence QMI

Montréal

Des BD à vendre sur le trottoir

Étienne Laberge | Agence QMI  | 12 juillet 2012
 
 

Vendre 30000 copies de ses propres bandes dessinées dans la rue, sans subvention et sans éditeur, poussé uniquement par l'amour du dessin et du scénario, voilà le petit miracle qu'a réalisé l'illustrateur Jean-François Jetté.

Quatre fois par semaine, Jean-François fait vrombir sa vieille moto sport dans son quartier d'Hochelaga et file en direction du Quartier Latin pour gagner sa vie: en faisant valoir son art auprès des passants.

Un à un, il interpelle les piétons et tente de les intéresser au monde de la BD.

Le prix de vente? Deux dollars, 5 $, voire 25 $. On donne ce qu'on veut.

Bon an, mal an, 5000 exemplaires de Gribeault — c'est le nom de la BD — se répandent ainsi dans la métropole. Un chef-d'oeuvre d'autonomie. Depuis 2007, 30 000 copies ont été vendues.

Le scénario avant le dessin

«La BD, ce n'est pas juste du dessin, commence à expliquer le sympathique créateur, ironiquement daltonien. Ça demande de l'écriture. Tous ceux qui ont percé, les artistes accomplis, ont commencé leur oeuvre par le scénario.»

Une fois le crayon à dessin bien en main, l'homme de 31 ans s'inspire de son quotidien et de ses expériences. Il raconte notamment son voyage dans l'Ouest canadien ou encore un terrible accident qui l'a plongé dans le coma. C'est son père qui l'en a extirpé après lui avoir mis sur les oreilles des écouteurs crachant du country. Il déteste le country.

Les autres pages contiennent des réflexions sociales sous forme de blagues. L'humour n'est jamais bien loin dans Gribeault. On lit avec un sourire en coin.

Pas juste pour les enfants

Comme il explique que sa BD représente un collectif, on y trouve çà et là une oeuvre d'un autre bédéiste, une critique de BD et aussi une histoire créée et dessinée par un enfant. Car notre artiste dessinateur enseigne le dessin à ses heures.

Mais s'il initie les enfants, il souligne que la bande dessinée est aussi une histoire d'adultes.

«J'arrête des gens sur la rue, et certaines personnes me répondent qu'elles n'ont pas d'enfants, et donc qu'elles n'ont pas de raison d'acheter ma BD», regrette-t-il.

Il rappelle que Michel Rabagliati et Guy Delisle sont de parfaits exemples d'illustrateurs pour lectorat adulte.

 
 

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