Ça, c'est la question qu'on va se faire poser au moins trente-cinq fois d'ici le 4 septembre. Nos parents, nos amis, les bénévoles de tous les partis, mononcle Armand à l'épluchette de blé d'inde familial et l'inconnu perplexe nous voyant devant l'affiche exécrable d'un parti douteux vont tous tenter de nous soutirer une parcelle d'information quant à se qui va se passer dans l'isoloir entre nous et le sacro-saint bulletin de vote.
Est-ce que ça peut devenir irritant? Probablement. Est-ce une raison pour faire de notre allégeance politique un secret d'état? J'en doute. Est-ce toutefois possible, à cette heure et ce jour précis, que l'expression «allégeance politique» ait peu – voire pas – de résonnance? Tout à fait.
Ça a brassé dans les chaumières ces derniers mois. La couverte a été tirée de tous les bords et de tous les côtés. On se l'est parfois mise sur la tête, d'autres fois sous les pieds. À force de la triturer, on a fini par oublier sa couleur – en avait-elle une? – et on a arraché l'étiquette qui nous permettait de reconnaître son sens – «ce bout-ci va-t-il à droite ou à gauche?». En temps normal, on serait déjà au magasin pour s'en procurer une toute neuve. Dans le cas présent, on doit faire avec ce qu'on a, ou au mieux, trouver une housse pour la recouvrir. Mais laquelle?
Il fut un temps pas si lointain où on était bleu ou rouge, oui, non, parfois très oui ou très non. Les choses ont changé, les nuances se sont multipliées et les stratégies pour nous aider à nous y perdre se sont décuplées. Je ne sais pas pour vous, mais à l'heure où on se parle, je me demande drôlement pour qui et, surtout, comment je vais voter.
Je choisis la formation dont la plus grande partie du programme correspond à mes idéaux? Je vote pour le meilleur candidat dans mon comté? Je donne mon appui au parti qui a le plus de chances de contrer la formation que je ne veux absolument pas voir au pouvoir? Je vote en regard de la province ou de mon comté? Je me base sur la campagne électorale, le dernier mandat ou l'ensemble de l'œuvre?
Il y a de quoi devenir fou. Surtout pour ceux qui nourrissent l'ambition de faire le meilleur choix possible face à chaque situation. Que les gens qui ont réponse à mes questions, que j'imagine aussi les vôtres, se manifestent. Ça pourrait nous être utile.
D'ici là, je vais m'assurer de bien être inscrit sur la liste électorale et de m'informer plus que moins, parce qu'à travers tous les tracas je ne détiens qu'une seule certitude: celle qu'il n'y a pas plus primordial, particulièrement cette année, que d'exercer son droit de vote.