Le 20 juin 2013
CANOE.CA / HOMMES / CHRONIQUES / Que Dieu bénisse l'Amérique
la chronique de
Nicolas A. Martineau
 

Que Dieu bénisse l'Amérique

Canoe.ca  | 31 juillet 2012

Les Jeux olympiques évoquent le respect mutuel que se vouent toutes les nations, dans un cadre sportif. On offre une considération presque sacrée aux athlètes et on oublie les politiques, les guerres, les conflits le temps d'un événement rassembleur, pacifique et festif.

Sauf lorsqu'il est question des États-Unis.

À l'épreuve de boxe, par exemple, il y a une propension chez les spectateurs à conspuer frénétiquement les athlètes olympiques américains. Peut-être parce qu'ils sont favoris. Peut-être parce qu'ils sont condescendants. Peut-être parce que c'est facile de détester un pays qui semble ne pas tenir réellement compte de ce que les gens pensent.

«Je n'aime pas entendre ces huées lorsqu'ils annoncent les États-Unis, mais c'est correct, on s'en nourrit!» affirmait Jamel Herring, membre de l'équipe américaine de boxe olympique, samedi. «Même si on se fait huer en tant qu'Américains, on demeure humble et on se comporte avec dignité. Que Dieu bénisse l'Amérique.»

Pendant un instant, j'ai eu envie d'avoir de la compassion. Puis je me suis rappelé cette partie des Canadiens de Montréal en avril 2007 au TD Banknorth Garden, de Boston. Alors qu'on y était en tant que fans (intenses) du tricolore, les partisans des Bruins ont commencé à chanter et à crier des slogans chauvins. «USA, USA, USA» et même «Go USA, f*ck Canada»...

Les Américains ne semblent pas avoir besoin de l'appui des habitants de la planète Terre puisqu'ils sont autosuffisants en termes d'encouragements. C'est d'ailleurs tout à fait convenable dans le cadre des Jeux olympiques d'avoir un sens patriotique aiguisé et d'être fier d'où on vient. Pour nos voisins du Sud, on doit creuser moins loin pour trouver un brin de fierté étant la nation avec le plus de médailles de l'histoire des J.O. d'été (et de loin).

Ils sont faciles à détester, un peu à l'instar du type qui parle trop fort, qui réussit et qui irrite tout le monde. Ils semblent venir d'une autre planète, ils s'aiment et ils gagnent. C'est un peu pour ça qu'ils sont hués à Londres, je crois.

Pendant ce temps, au nord du 45e parallèle, nous vivons dans une province divisée, dans pays divisé. Bref, «ça va mal à shop». Certes, les États-Unis sont un pays extrêmement divisé aussi. Mais malgré tous les problèmes sociaux, économiques, politiques, etc., auxquels les Américains font face, ils sont forts et fiers d'être ce qu'ils sont.

Pour être franc, le nombrilisme irritant des États-Unis fait aussi leur charme.

En fin de compte, j'envie un peu les Américains.

Chroniques