Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Mélodie Nelson
Canoë

J'ai peur des robots sexuels

J'ai peur des robots sexuels

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Mélodie Nelson

Je ne parle jamais de la téléréalité Real Housewives of New York à mon mec, parce qu’il s’en fouette grave et qu’il ne connaît pas l’importance du chardonnay et des défilés de mode dans la vie quotidienne de femmes qui n’ont comme travail que celui d’apposer leur nom sur de petits pots de crème.

Lui, il me parle parfois de robots, et je préfèrerais qu’il ne m’en parle pas, parce que ça m’angoisse grave. Ils remplacent déjà quelques chauffeurs d’autobus en France. Je ne pensais pas vraiment qu’ils réussiraient à exciter quiconque sauf des curieux et des fétichistes du Magicien d’Oz, mais même la porno est touchée par la technologie trop avancée pour mon humeur.

Des pornstars en faillite

Le docteur Ian Pearson, qui étudie la sexualité du futur, estime que les studios n’engageront plus d’acteurs pour des scènes à quelques milliers de dollars, alors qu’il sera possible de louer un logiciel et de créer les acteurs désirés, sans prépuce sensible et petits boutons de chaleur sur les fesses. Il croit toutefois que les escortes pourront toujours trouver du travail, car les clients ont besoin d’une certaine connexion et d’émotions réelles lors d’une relation sexuelle tarifée.

Si ça ne tient qu’à Sergi Santos, les robots sexuels seront toutefois capable d’avoir des émotions, ou en tout cas de perfectionner de façon impressionnante leurs fausses émotions.

Le robot Samantha sait consentir et rentrer un doigt dans sa bouche

L’ingénieur espagnol vient tout juste de créer Samantha, une poupée sexuelle équipée d’une intelligence artificielle et d’une envie de tomber en amour avant d’accepter de baiser. En vente pour 5374 $, Samantha est programmée pour désirer des échanges romantiques. Ensuite elle consent à des rapports sexuels.

Santos indique que l’objectif est de lui donner un orgasme. Samantha serait capable de jouir et de montrer son plaisir par une multitude de gestes plus ou moins malaisants à observer. Sur des vidéos, il est possible d’entendre Samantha affirmer qu’elle aime Ed Sheeran et se faire embrasser, tout en rentrant le doigt d’un homme dans sa bouche. Alors qu’un utilisateur touche sa main et sa hanche, Samantha fait du renforcement positif. «J’aime ça», qu’elle dit, en ajoutant qu’elle apprécie la douceur.

Que des horreurs pour les robots sexuels

La tante de Sergi Santos voudrait qu’il laisse tomber les robots à point G et qu’il lui fabrique un robot qui cuisine. Kathleen Richardson et Erik Brilling, les deux universitaires derrière la campagne Against Sex Robots voudraient surtout un débat plus large sur l’éthique en robotique. Bien qu’un tel débat puisse être intéressant, leur idée est faussée par le moralisme consternant de leur manifeste, disponible sur le web. Ils croient que les robots sexuels ne peuvent qu’objectifier davantage les femmes et les enfants, et n’imaginent que les pires horreurs pour ces robots catapultés dans le monde de l’industrie du sexe.

Pour Richardson, les travailleuses du sexe ne sont pas vues comme des êtres humains, alors les robots renforceraient leur oppression. Tout en mélangeant des problématiques sans lien direct, Richardson ne réussit qu’à souligner son manque d’empathie, de connaissances et sa peur concernant l’industrie du sexe.

Si j’angoisse sur les robots sexuels, ce n’est pas que je me préoccupe de leurs droits ou de ce que ça suppose au point de l’objectification des escortes. C’est que je ne peux pas m’imaginer ce que je pourrais faire comme profession à 70 ans, si ce n’est pas de la granny porn. Pas question qu’un robot m’oblige à tricoter des pantoufles pendant que lui s’éclate à ma place avec de faux cheveux blancs et un faux sexe tout ridé.

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