Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Mélodie Nelson
Canoë

La sodomie pour tout le monde

La sodomie pour tout le monde

Mélodie Nelson n'est pas la seule à aimer ça...Photo Fotolia

Mélodie Nelson

Je ne me souviens pas de la première fois que j’ai eu un pénis entre les fesses. Je n’en suis pas honteuse, mais un peu navrée. Je me souviens de mon cul que j’ai donné à un collègue de la librairie Archambault pour son anniversaire, après avoir bu une bouteille de Margarita. D’un client qui écoutait des films de cul et qui avait enduit le condom d’une crème pour retarder son éjaculation. D’un étudiant dans un cours de poésie contemporaine qui ne savait pas que je rembourrais mes soutifs et qui avait proposé de m’enculer et d’utiliser de la crème hydratante plutôt que du lubrifiant.

J’aime me faire prendre comme ça, surtout quand je suis enragée et que j’ai besoin d’être apaisée. Toutes mes tensions disparaissent quand mon attention est uniquement dirigée vers une possible douleur qui se révèle impossible à hurler, juste à étouffer, dans un oreiller, mes poings fermés ou mes mains qui ouvrent encore plus mes fesses.

Je ne suis pas la seule personne à aimer ça.

Femme fontaine et lubrifiant

Beaucoup de femmes disent qu’elles deviennent femme fontaine grâce à la sodomie. D’autres que le plaisir de se faire enculer, même si ça ne les fait pas jouir, leur fait connaître des sensations incomparables. «Ce que j'aime de la pénétration anale, c'est l’abandon, positif, qu’elle suppose et provoque», m’indique Miranda, une amie. Éléonore ajoute que lors d’une relation anale, les doigts et les jouets peuvent être intéressants à utiliser. «J'aime surtout quand mon partenaire est si habile de ses doigts que je n'arrive plus à savoir où ils se posent.»

Adorant la sodomie, Laure se désole que certains hommes hétéros ne soient pas ouverts à cette activité. «Je n'ai jamais joui à travers la paroi anale, mais avec le bon lubrifiant et la bonne vibe je demande, voir je supplie, éventuellement, qu'on me sodomise. Je suis par contre fascinée que les hommes n'expérimentent pas plus avec leur plaisir anal. Si j'avais un point G dans le cul, c'est ce que je ferais. Je suis toujours la première femme avec tous mes mecs à introduire du ass play dans leur sexualité.»

Un plaisir associé faussement à l’homosexualité

Les activités que Laure incorpore dans la vie sexuelle de ses fréquentations sont diverses. Elle leur «mange le cul» et stimule leur point G pendant qu’elle les branle. Elle n’a jamais été repoussée pour ces nouvelles sensations qu’elle leur donne en cadeau. «Je fais souvent la blague que pour être équitable et leur permettre de ressentir ce que je ressens, je vais monter un moule de leur queue sur un strap on et les sodomiser», qu’elle m’indique, concernée par le fait que le plaisir anal masculin est automatiquement associé à l’homosexualité. Il semble à Laure que les hétéros sont à la fois curieux et apeurés du sexe anal, surtout par peur d’aimer ça plutôt que par peur de souffrir.

Bérénice, une amie qui a répondu à mes questionnements sur la sodomie via un statut Facebook, confie qu’elle adore justement utiliser son strap on sur son amoureux. «Ça change les dynamiques», déclare-t-elle, avouant avoir été timide au début, car ça l’obligeait à sortir de sa zone de confort et qu’elle craignait être maladroite.

Expériences et attentes

Quelques hommes me disent apprécier la sodomie sans gêne, précisant avoir des orgasmes qui secouent leur corps en entier. Gabriel raconte que «ça surprend, puis ça devient agréable, entre plaisir et douleur, et quand je suis raide, j’ai comme une chaleur dans tout le sexe et je pourrais exploser à tout moment.»

Sans aller jusqu’à la pénétration d’un sexe ou d’un jouet en forme de pénis, d’autres jeux sont plaisants. Marc-Antoine me parle d’expériences que sa copine et lui font: «Nous aimons beaucoup nous lécher l’anus. Pour la pénétration, elle expérimente sur moi, mais ça doit être fait avec douceur et pas profond du tout.»

Shania, une transgenre, s’attriste du manque de talent des mecs pour bien stimuler correctement sa prostate: «Ma compagne, une femme cis, a eu un jour un orgasme assez balaise lorsque je la sodomisais. Moi j’aimerais tellement pouvoir y arriver un jour. J’ai déjà eu un partenaire super endurant, qui a eu la vague gentillesse de faire un peu en fonction de ce que je lui demandais. J’ai tellement hurlé de plaisir que tout l’hôtel a dû m’entendre, même si je n’ai finalement pas joui.»

«On a tous un anus»

Comme Laure le dit avec enthousiasme, «on a tous un anus», et rien ne devrait nous empêcher, quelque soit notre identification sexuelle, à explorer la sodomie, si nous en avons envie. Dan Savage, un sexpert américain, précise toutefois que comme nous ne pratiquons pas le sexe oral la bouche pleine de pâtes au pesto, il faut nécessairement aussi faire attention au moment que nous choisissons pour les jeux anals.



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