Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Mélodie Nelson
Canoë

Il faut parler plus souvent de porno

Il faut parler plus souvent de porno

«Qu’est-ce que vous aimeriez voir en porno, mais que vous ne réussissez pas à trouver?»Photo Fotolia

Mélodie Nelson

Alors qu’une amie confiait vouloir filmer de la porno féministe et qu’un autre ami parlait des synonymes du mot scatophilie, un constat s’est établi lors d’un souper: on ne parle pas assez de porno. On en parle quand des politiciens ont comme projet de la censurer. Quand des psychologues disent qu’elle crée des dépendances dangereuses. Quand des psychologues découvrent qu’elle n’est pas si dangereuse et qu’elle rend les gens moins homophobes. Quand une actrice qui joue dans Harry Potter dit que ça ne devrait pas exister. Quand des pornstars se font tuer ou acceptent de montrer leur visage sans un kilo de fond de teint et de foutre répandu dessus.

J’aimerais que tout le monde soit capable de parler de porno aussi facilement que du dernier Star Wars ou de leur recette préférée de salade aux avocats, crevettes et mangues. La porno ne peut pas remplacer une éducation sexuelle, sauf dans des projets très récents et intéressants comme Make Love Not Porn et Love Matters. C’est un divertissement qui n’a pas à être honteux.

En discutant enfilage de condoms sur musique d’ascenseur, il serait possible de découvrir des vidéos qui montrent autre chose que l’idée que tout le monde se fait de la porno: des filles blondes qui se déchirent la peau du vagin avec leurs longs faux ongles et qui plaquent leurs seins en béton contre des étalons dont on oublie le visage en 30 secondes.

Quelques amis ont bien voulu répondre à ma question: qu’est-ce que vous aimeriez voir en porno, mais que vous ne réussissez pas à trouver?

À souhaiter dans la porno populaire

Elena: «De la tendresse, mais rien de quétaine. Pas un mec qui donne des chocolats à sa petite copine et un plan séquence du mec qui caresse les joues de la fille comme si c’était une statue dans un musée. Je veux pas de déclaration d’amour, mais j’aimerais ça voir des scènes de sexe romantiques, des échanges qui font vrai.»

Shawn: «Des gens handicapés, sans que ce soit dans un film qui fétichise ça.»

Karine: «De la complicité et des rires. Comme dans la vraie vie. Des bruits bizarres qui font rire. Pas des pets, même si ça pourrait être presque cute, mais une fille qui respire trop fort et le gars lui fait remarquer. Les deux qui rient de ça tout en continuant à baiser.»

Philippe: «Plus de lenteur.»

Cinthia: «Des corps plus différents, des grosses lèvres, des vagins pas roses. J’écoute pas beaucoup de porno, mais c’est toujours pareil ce que je vois. Des gars qui baisent une fille et la fille a un vagin rose et rasé. Je voudrais voir des filles poilues. Des belles filles, qui se font pas dire de raser leurs jambes ou leur sexe.»

Rose: «Une fille qui dit non en plein milieu d’une baise et ça ne devient pas un drame ni l’occasion pour son partenaire de la forcer à quoi que ce soit. »

Julie: «Du sexe sans pénétration sans que ça vire en massage tantrique de trois heures.»

La porno alternative montre différentes façons de vivre l’intimité, l’amour et la sexualité. Elle n’est pas facilement accessible parce que des idées très arrêtées sur la porno – qui serait oppressante, source de violence, de jalousie et de chirurgies plastiques – empêchent d’en parler à l’extérieur d’un plaisir stigmatisé. Avec plus d’ouverture et de volonté de tous les consommateurs, la porno présentant plus de diversité pourrait se dévoiler plus populaire que la porno dite clichée.

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