Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Mélodie Nelson
Canoë

L'obsession des petits et des gros pénis

L'obsession des petits et des gros pénis

«Dans l’Antiquité, le pénis parfait était petit, mince comme une saucisse à hot-dog.»Photo Fotolia

Mélodie Nelson

J'ai une copine qui a aimé des policiers, des pompiers, des mecs qui faisaient des vols à main armée et son meilleur ami. La taille du pénis, elle s'en moque, elle a vu de tout et elle trouve ça bien correct qu'il n'y ait pas de grosseur standard, mais toute une gamme de longueurs, circonférences, couleurs et formes.

Ce qui la dérange plus qu'une queue en forme d'une tomate cerise ou qu'une queue large comme un chou-fleur? Les mecs qui font du nombre de centimètres entre leurs jambes un complexe grave.

Comparer son membre avec celui de Ron Jeremy

D'où vient cette obsession? J'ai grandi avec deux frères qui se cachaient dans la garde-robe de ma mère pour comparer leur sexe avec celui de notre cousin. Ma copine, elle, a grandi avec quatre frères et ils avaient la même lubie. Comparer par curiosité, je trouve ça merveilleux. Les filles n'ont pas la même facilité à connaître leur corps et celui de leurs semblables. Mais comparer pour angoisser?

Une amie remarque l'influence de la pornographie, qui présente souvent les hommes uniquement par leur sexe. Un visage pas important, mais un sexe plus qu'imposant.

«Mon chum a un gros pénis, mais il a une image déformée de lui-même. Plusieurs filles se croient toujours trop grosses, lui, il se voit toujours avec un petit pénis. Pourtant, il a passé sa vie dans les vestiaires de hockey. Pour lui, un pénis standard c'est celui de Ron Jeremy. Il croit que plus un pénis est gros, et plus il satisfait sa partenaire», me dit-elle. Comme si la taille du pénis était en lien avec le succès ou l'échec d'une performance sexuelle. La taille du pénis comme unique indice de virilité.

Amélie soulève que son mari a des réactions semblables. «Je coupais des courgettes, des concombres et des carottes. Mon mari s'est approché et il a passé un commentaire comme quoi il avait du chemin à faire avant d'avoir un sexe aussi gros que ces légumes. Quand j'ai rétorqué que son pénis était déjà plus gros, il ne m'a pas crue. Il a sorti son membre pour comparer, et même au repos, il était plus impressionnant que tous les légumes. Il en était bouche bée.»

Toujours à quelques centimètres de la perfection

Se croire plus petit que la réalité est enraciné dans la tête de plusieurs hommes. Imaginer le pénis idéal comme étant très gros aussi, tel que le démontre une étude récente. Dr Ed, un site médical en ligne, a recruté plus de 2000 participants afin de comparer les perceptions reliées à la taille moyenne et à la taille idéale du sexe masculin. Autant les hommes que les femmes imaginent le pénis parfait surpassant de deux pouces celui de la taille la plus répandue. Les Australiens assurent qu'un sexe remarquable mesure environ 17,6 cm, alors que les Anglais se contentent d'admirer un sexe de 14,2 cm.

Les hommes de plus de 45 ans seraient satisfaits à 51 % de la taille de leur queue. Ceux entre 18 et 24 ans, plus critiques ou touchés par des idées préconçues sur la masculinité, et possiblement moins expérimentés sexuellement aussi, le seraient à 39,4 %.

Le plaisir: pas qu'une question de queue

Un ami me dit qu'il ne se souvient pourtant pas précisément de la première fois qu'il s'est questionné sur la taille de son sexe, mais il sait que c'est inutile de se prendre pour un acteur porno. «Aucune fille n'a déjà hyperventilé devant moi comme si elle était prête à jouir juste à me voir tout nu», m'a-t-il dit.

S'il a déjà été gêné par la grosseur de son sexe, qu'il juge plus petit que la moyenne, il ne s'en fait pas plus que ça maintenant, donnant du plaisir autant qu'il le peut. Il ne compte pas que sur sa queue pour faire crier une conquête. Marie-Dominique, une autre copine, est d'accord avec cette idée. «Mon meilleur amant savait me faire oublier qu'il avait un petit pénis. Il me léchait tellement bien. C'était le premier homme à me faire jouir cinq fois en une heure.»

Tout comme les pénis, les vagins sont différents et la chimie entre deux corps se doit parfois d'être autant anatomique que psychologique. Tania, honnête, dit qu'elle aime être pénétrée brutalement et profondément. Elle a l'impression que si une queue n'est pas grosse, elle n'en sera pas satisfaite, sauf si c'est pour une relation anale.

Elsie pense pareil, car elle a un vagin presque deux fois plus profond que la moyenne des femmes. Elle a déjà rencontré des hommes qu'elle trouvait extraordinaires, mais qu'elle a cessé de voir, parce qu'au lit, elle ne faisait que penser à son gros dildo caché dans une boîte à souliers.

L'assurance sexuelle, plus forte qu'une mode

Si les hommes sont en majorité plus obsédés que les femmes quant à leur taille, l'étude de Dr Ed établit que les hommes gagnent en confiance avec l'âge, refusant de voir dans la grosseur de leur engin un handicap au plaisir. 59,4 % des hommes indiquent que la taille de leur queue n'influence pas leur aplomb (24,7 % se sentent plutôt encouragés, alors que 15,8 % perdent un peu de conviction quand ils se comparent).

Il est rafraîchissant de lire une étude qui ne montre pas des hommes trop affectés par des centimètres en moins ou en plus. L'image du pénis idéal fluctue avec le temps, comme nous l'apprend Kenneth J. Dover, dans l'essai Greek Homosexuality. Dans l'Antiquité, le pénis parfait était petit, mince comme une saucisse à hot-dog et pas circoncis. Les pénis plus larges étaient considérés comme comiques et barbares. Les statues de cette époque se plaisent à le rappeler, comme les représentations de Priape, un dieu de la fertilité, l'obscénité incarnée, avec son énorme pénis, toujours en érection.

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