Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Mélodie Nelson
Canoë

Je bois encore

Je bois encore

Il est préférable d'éviter l'alcool si vous traversez une période difficile.Photo Fotolia

Mélodie Nelson

J'ai une personnalité facilement dépendante. Aux crottes de fromage. Aux fessées. Aux boissons énergisantes. Aux lampions dans les églises.

Je n'ai jamais pris de coke parce que tout ce que je lisais sur la coke me donnait juste trop envie d'en prendre et d'en avoir une réserve chez moi, à côté des savons liquides Dans un jardin à la poire.

Boire un peu trop intensément

Les premières fois que j'ai bu, c'était pour savoir c'était quoi. C'était pour embrasser des garçons et vomir dans leur lavabo sans trop m'en rappeler après. C'était parce que c'était la St-Jean-Baptiste ou parce que c'était beau, du bleu chimique dansant dans une bouteille vendue à la SAQ.

Je n'ai jamais aimé ne boire qu'un verre et je n'ai jamais aimé non plus finir avec une robe tachée de pointes de pizza mangées la veille. Alors, pendant les premières années de ma vie d'adulte, je n'ai pas bu. Je préférais l'orangeade, les tisanes, l'eau à la framboise. Je me protégeais contre une dépendance possible et contre le lavage excessif de robes tachées de vomi.

Puis, j'ai commencé à boire de la vodka entre deux pages de dissertation universitaire barbante. À avoir des amis qui avaient plus de bouteilles de vin que de crottes de fromage chez eux. Et à faire de l'aérobie en buvant de la sangria. Et à boire des shooter avant de sortir faire la fête et tomber de mes talons trop hauts sur tous les planchers de bar.

Avoir peur d'être dépendante

Récemment, je me suis demandé si j'étais capable d'arrêter. Si j'étais capable de m'endormir sans prendre un verre de chardonnay. J'ai eu peur. Je me suis rappelé que ce qu'il y a de plus affreux dans ma vie, ça s'était produit quand j'avais bu. Je me suis détesté. C'est pas la faute de l'alcool, ni la mienne, si je me suis fait agresser. Mais soudain le Frangelico ne goûtait plus les noisettes, mais les cauchemars.

Une pause sans alcool

J'ai arrêté. La première journée, j'y ai pensé très tôt, à la bouteille de vin que je n'ouvrirais pas. J'ai fait un gâteau aux pommes pour m'occuper. Le lendemain, j'y ai pensé aussi et j'ai fait un autre gâteau aux pommes. J'ai enchaîné les soirées à faire des biscuits à la noix de coco, des gâteaux moelleux et des pains aux bananes.

Puis, j'ai commencé à être fière de moi. Fière et surprise, aussi. J'ai réussi à ne pas boire quand j'étais triste. J'ai réussi à ne pas boire quand je m'emportais contre mon mec et que nous nous détestions pendant une soirée. J'ai réussi à ne plus y penser, aux verres qui me manquaient, et puis qui ne me manquaient plus.

Une copine s'est alarmée, en constatant que je ne faisais pas ça juste pour ma santé: «Il aura modifié tes habitudes... alors prends un break d'alcool et re-bois dès que ce con n'est plus dans tes pensées.»

Goûter tout en contrôle

Sa réaction m'a fait réfléchir. Je ne voulais pas être sous le contrôle de quoi que ce soit, d'une dépendance ou d'un agresseur. Après quelques mois, j'ai pris un verre de champagne. Et j'en bois encore parfois. Pas tous les jours. Pas toutes les semaines. Je bois, en ce mois d'abstinence pour certains, je bois parce que l'alcool ne doit pas goûter le faux bonheur, mais ne doit pas non plus goûter les regrets, les déceptions, les hommes qui refusent d'entendre un «non».

Quand je bois un verre, ce n'est plus pour m'endormir. Ni pour oublier. C'est pour que ça pétille sur ma langue, c'est pour trinquer avec des amis, et c'est peut-être aussi pour rendre les séances d'aérobie plus amusantes.

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