Mélodie Nelson

Chronique de Mélodie Nelson

Acceptable ou déviante, la porno?

Acceptable ou déviante, la porno?

Mélodie Nelson

À quinze ans, je faisais la leçon à mon petit copain, qui avait des affiches de femmes plantureuses en bikini sur les murs de sa chambre. Je lui martelais que les revues dans lesquelles il avait trouvé ses affiches, de même que les films pornographiques, encourageaient des idéaux irréalistes et une image totalement dévalorisante de la femme.

Quelques années plus tard, j'ai visionné quelques films pornos et j'ai décidé que c'était acceptable de rire ou de fantasmer devant des femmes à quatre pattes et des hommes poilus qui se la jouaient voyeur, plombier ou étalon hors pair.

Un ami m'a même confié que les films XXX ne lui avaient pas donné l'envie d'offrir à toutes ses copines une augmentation mammaire ou une orgie surprise comme cadeau d'anniversaire.

La pornographie l'a aidé à parfaire son éducation sexuelle. À sa première relation sexuelle, il n'y a pas eu de malaise ou de peur. Pour lui, c'était naturel, souhaité et il savait caresser sa partenaire avant de la pénétrer.

Plus nuisible que la cocaïne pour certains

La pornographie participe ainsi à l'éducation sexuelle, à une bonne forme physique (j'ai de bons abdos à force de rigoler grâce aux scénarios parfois loufoques) et à la découverte et satisfaction de fantaisies sexuelles.

Pourtant, des gens pensent comme moi à quinze ans: la pornographie serait notre ennemie. Elle nous transformerait en obsédés, nous forcerait à ne désirer que des corps parfaitement bronzés et soumis et nous inciterait à commettre des actes immoraux avec tous les livreurs de pizza.

Dans le livre The Porn Trap, les auteurs Wendy et Larry Maltz veulent même nous faire prendre conscience que la porno est plus dangereuse pour le cerveau que la cocaïne. Bien que la dépendance au sexe existe et peut s'avérer désespérante pour les individus et les couples touchés, c'est une minorité de la population qui en souffre.

La pornographie ne nous transforme pas en chauds lapins pervers

J'étais heureuse de tomber sur une étude publiée dans la revue Sexual and Relationship Therapy. L'étude démontre que visionner de la pornographie ne change pas nécessairement nos habitudes sexuelles.

Si ça se produit, c'est que nous avons trouvé excitant ce qu'il y avait à l'écran et, surtout, que nous avons confiance en notre partenaire. Un participant à l'étude avouait n'avoir aucune envie d'imiter un acteur porno, écoutant des films que pour voir des actes qu'il ne ferait jamais dans la vie réelle.

Qu'on soit homme ou femme, hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel, la pornographie nous marque de diverses façons. Je n'écoute certainement pas les mêmes vidéos que le meilleur ami tunisien de mon amoureux.

Même si l'étude de Sexual and Relationship Therapy ne porte que sur 79 hommes, il est possible de croire que malgré tous nos intérêts et questionnements différents, la pornographie a un effet similaire sur nous tous.

Elle nous suggère tentation et excitation, mais elle reste moins importante que nos relations interpersonnelles véritables. Elle ne nous transforme pas en pervers, mais elle peut inspirer notre imaginaire.


Suivez-moi aussi sur melodienelson.com, un blogue adulte.



Vidéos

Photos