Je ne suis pas un gars qui me fâche très souvent.
Mais comme n'importe qui, il y a des choses qui me mettent le feu au derrière. Des exemples? Mr. Burns dans les Simpsons et le monde ignorant sont sans aucun doute dans le haut de mon palmarès.
Comme j'ai pas grand-chose à dire sur Mr. Burns, je parlerai du monde ignorant.
Pour moi, on reconnaît quelqu'un d'ignorant par le discours qu'il tient. Comme le gars qui engueule le pompiste parce que le prix du gaz a monté de 0,10 $ sans raison apparente.
Et comme certaines personnes qui appellent dans les lignes ouvertes.
La semaine dernière, j'écoutais l'émission de Claude Poirier à LCN. Des gens avaient laissé des messages dans la boîte vocale. La fameuse boîte vocale.
Les messages faisaient référence à l'intervention policière survenue quelques jours plus tôt dans le Vieux-Montréal, alors qu'un amuseur de rue se retrouve au coeur d'une arrestation quelque peu musclée de la part des agents de la police de Montréal.
J'ai retranscris mot pour mot ce que l'un des interlocuteurs a laissé comme message sur la boîte vocale:
«Je ne comprends pas qu'en voyant la vidéo ce matin, les policiers qui sautent sur l'amuseur public, que c'est lui qui est accusé. C'est les policiers qui ont sauté dessus... Je comprends rien dans ça. C'est pour ça qu'on n'aime pas les polices. Quelles sortes de polices qu'on a?»
Maintenant, vous pouvez voir la vidéo à laquelle l'homme fait référence. D'un autre angle.
Êtes-vous choqués par ce que vous avez vu? Pas moi.
S'agit-il de brutalité policière? Aucunement.
Est-ce qu'il s'agit d'une intervention justifiée? Tout à fait.
Ce que la vidéo ne montre pas
J'ai parlé de cette arrestation à un policier il y a quelques jours. Sans vous dire de qui il s'agit, je peux vous assurer qu'il est TRÈS au courant de ce qui s'est passé ce jour-là.
Récemment, les règlements ont changé pour les amuseurs publics. Ils ne peuvent plus se produire où et quand ils le veulent. Ça marche avec des permis, des heures de disponibilités, etc. En bout de ligne, c'est une fonctionnaire qui rappelle l'amuseur public chaque jour pour lui dire où se rendre et à quelle heure faire son spectacle.
Cette nouvelle façon de faire a été instaurée pour contrôler la qualité des amuseurs publics qui se donnent en spectacle à Montréal.
Le 4 juillet, une inspectrice de la Ville de Montréal chargée de faire respecter cette réglementation se promenait dans le Vieux-Montréal. Elle a vu l'amuseur public en question. Le monsieur en question n'a jamais fait de problèmes avant. Ça fait environ 20 ans qu'il donne des spectacles en ville.
Mais l'inspectrice, elle est nouvelle. Et elle ne l'a donc pas reconnu. Elle a constaté qu'il contrevenait aux nouveaux règlements. Elle a voulu lui remettre un constat d'infraction. L'amuseur public a refusé de s'identifier. L'inspectrice a demandé l'intervention des policiers. En résumé, c'est ça qui s'est passé.
Aussi, ce qu'on ne voit évidemment pas sur la vidéo, c'est l'amuseur public qui se moque des policiers lorsque ceux-ci arrivent sur place. Comme il a l'habitude «d'embarquer» la foule, c'est un jeu d'enfant pour lui de mettre les quelque 200 spectateurs sur son bord.
Il intègre donc les policiers dans ses numéros, il essaie de les faire participer, etc. Mais les policiers, eux, ne sont pas des amuseurs publics. Ils sont là pour faire respecter la loi. Et dans ce cas-ci, ils sont surtout là parce qu'une inspectrice a demandé leur aide.
L'amuseur public, lui, refuse toujours de s'identifier.
Pas le choix
Devant cette situation, les policiers n'ont d'autre choix que de le menotter et de l'amener au poste. Mais le gars résiste et tente une prise de lutte sur l'un des agents. C'est d'ailleurs à ce moment que débute la vidéo.
En résumé, si le gars s'était identifié au départ, il aurait reçu un constat d'infraction de quelques dizaines de dollars. Au pire, il aurait pu le contester.
Au lieu de ça, il a résisté. Il a même tenté une prise de lutte sur un policier. Oui, son arrestation a été relativement musclée. Mais je peux vous confirmer que si la même situation avait eu lieu aux États-Unis, par exemple, le gars se serait reviré « cul par-dessus tête » pas mal plus sévèrement.
Le monde qui a hué les policiers et ceux qui ont appelé Claude Poirier pour se plaindre du travail des policiers dans cette affaire sont, à mon avis, des ignorants.
Selon moi, au lieu de critiquer le travail des agents, ils devraient plutôt s'en prendre à cette nouvelle réglementation pour contrôler la qualité des amuseurs publics. ÇA, ça pourrait être critiqué.