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Mon pire flop, ma plus récente découverte

Canoe.ca  | 18 décembre 2012
Chose promise, chose due. Comme je vous l'annonçais la semaine dernière, je vais vous dévoiler mon plus grand flop, et la nouvelle théorie qui s'en est suivie.

Pour des raisons bizarres, j'avais développé au fil des années l'habitude d'être très cérébral lors de mes rencontres. Je discutais de choses sérieuses très rapidement, de moi... Je posais des questions intrusives. Je ne savais pas pourquoi, jusqu'à ce que je rencontre cette Mélanie... Pauvre Mélanie.

La fille correspondait en tous points à ce qui me branche. Une professionnelle, autonome, très belle fille. J'étais dans une période trouble, de «transition» sur le plan personnel, surtout par rapport aux femmes. J'aurais peut-être dû m'abstenir de la rencontrer, sachant que j'étais préoccupé, mais c'est tellement facile à dire après coup.

J'entre avec elle dans des propos trop personnels, je pose des questions au sujet de choses qui me préoccupent, ce n'est pas un gars normal qu'elle a devant elle, c'est un philosophe tourmenté. Complètement zéro.

En plein premier rendez vous, la fille, très allumée, me fait remarquer à quel point je nage dans une zone bizarre. Live. Et ce n'était pas la première fois que l'on me faisait le reproche. Je réalise instantanément que je me comporte mal, que j'ai le réflexe d'être encore dans le profond plutôt que dans le plaisir lorsque je fais une rencontre, même si celle-ci était agréable.

Je quitte en pleine nuit, réalisant que j'ai un sérieux problème. Je comprends que je me suis enlisé dans des comportements inappropriés lorsque je rencontre une fille, que je suis tout sauf d'agréable compagnie. Venant d'un gars qui a écrit un livre sur quoi faire et quoi dire avec une fille la première fois... J'en arrache.

Comprenez-moi bien : il y a une grosse différence entre ne pas écouter et trop en dire. Et il y a une différence entre trop en dire et en dire trop. J'ai toujours eu une bonne écoute, je n'ai jamais pris le plancher. Mais j'en disais trop.

Le lendemain matin, j'ai une illumination, littéralement. Vous connaissez cette théorie selon laquelle les hommes sont des chasseurs? Et bien c'est vrai. Qu'on l'admette ou non, aucun gars n'est confortable avec une fille qui se laisse attraper sans rien faire. Ça n'existe pas d'ailleurs. Les filles pensent qu'il existe une catégorie de filles dites «faciles» qui baissent leurs culottes après qu'on leur a offert un shooter. Mesdames, ça n'existe pas!

Ça peut aller vite, mais certaines étapes doivent être franchies. On doit nécessairement sentir qu'on a accroché la madame, qu'on a fait des démarches, qu'elle a dit oui. Ça peut prendre trois mois, comme trois heures, mais les étapes doivent être franchies. C'est très masculin comme processus, mais on ne s‘en sort pas.

Je me suis toujours demandé quel était le pendant féminin. Dans un processus de séduction, un début de relation, quelle est la mécanique féminine, l'équivalent de la chasse chez l'homme?

L'art de ne pas en dire trop

C'est la découverte. Une femme a besoin de découvrir un homme. Une femme a besoin de sentir que certains aspects d'un homme lui échappent au début, elle doit avoir le sentiment d'avoir découvert des côtés de sa personnalité qui n'étaient pas évidents au début. Elle doit pouvoir décoder par elle-même de quel genre d'homme il s'agit, pour ainsi lui donner le goût de récidiver.

Vous avez souvent entendu les filles dire qu'elles aiment un gars un peu mystérieux. C'est vrai, et c'est très féminin comme attirance.

En effet, avez-vous déjà entendu un gars dire : «Les boys, j'ai rencontré une fille! Avant de vous la décrire, laissez-moi vous dire ce qu'elle a de plus fantastique : elle est un peu mystérieuse.» Zéro. C'est une attirance typiquement féminine.

Une fois cette découverte faite, j'ai tout de suite compris où était mon problème : je me dévoilais trop vite. J'avais l'impression qu'il était nécessaire de tout dire à mon sujet, de tout révéler, dès le premier jour.

Je suis un très bon communicateur, je le sais. De plus, je suis quelqu'un de très transparent. Le problème, c'est que ce ne sont pas des caractéristiques partagées par l'univers au complet. En donnant un ton très (trop) personnel à une conversation, j'obligeais en quelque sorte la fille à faire de même, mais cela créait un inconfort beaucoup plus qu'un moment agréable.

Avec du recul, bien que je ne sache pas trop pourquoi j'agissais de la sorte, je vois bien que j'en disais trop. Je questionnais trop. C'est simple : je me déversais littéralement. Non seulement je créais une zone bizarre, pas particulièrement amusante, mais je tuais complètement le désir d'une fille de me découvrir. Au bout de trois heures, tout était dit!

Par la suite, j'ai adopté une attitude qui se résume très simplement : plutôt moins que plus. J'en dis désormais moins que plus. J'en offre moins que plus. Je suis moi-même, mais pas tout moi-même, pas tout d'un coup.

Par la suite, TOUTES mes rencontres ont été fructueuses. Un dosage de curiosité, d'anecdotes, un sourire constant, bref tout ce que j'ai toujours préconisé, avec juste moins d'introspection et d'enquête en direct. Moins, que plus. Ça viendra, en temps et lieu.

Voilà. Une fois qu'on connaît cette règle de base du fonctionnement d'une fille, il s'agit simplement de s'en servir convenablement. Ça semble tout simple, mais personne ne me l'avait décortiqué clairement. Faut croire que c'est ma job!

Faites l'exercice les gars : ce soir avec votre femme actuelle, une que vous allez rencontrer pour la première fois ou même une avec qui ça ne va pas très bien, conservez une zone de mystère.

J'ai même un truc incroyable (je m'en sors pas, je suis fait de même) : abordez volontairement un sujet très personnel, idéalement qui concerne madame, et concluez vite en disant : «Mais ça, je vais t'en parler une autre fois...» Kaboom! «Il y a plusieurs choses que j'aime chez toi, d'autres moins, mais on en parlera une autre fois». T'en voulais du mystère? En voilà un trois tonnes!

C'était mon histoire cette semaine. Je ne prends pas de pause durant les fêtes, car j'ai trop de feedback par rapport à ma chronique de la semaine dernière. Je suis très très content de voir votre enthousiasme.

Par contre, je vous ai dit au début que ça ne traiterait pas seulement d'affaires de filles (bien que ce soit juste ça qui vous intéresse vraiment, je le sais). J'ai pas mal fait le tour de ces histoires, alors là je veux intervenir sur d'autres choses.

J'attends donc vos questions, et si vous vous demandez quel genre de questions, lisez ma première chronique. Et bien entendu, j'aime avoir vos réactions.

See ya!

Écrivez à Marc Boilard

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