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Tirer la plogue ou persévérer?

Canoe.ca  | 3 décembre 2012

Cette semaine, je réponds à la question d'un ami, toute simple, mais vraiment pas évidente: quand tirer la plogue?

Vous avez rencontré une femme, mais après un mois, il y a des éléments qui clochent. Vous essayez depuis maintenant cinq ans de percer comme musicien professionnel, mais ça n'aboutit toujours pas. Vous misez sur le 26 rouge au casino depuis trois heures, mais vous vous enlignez pour repartir avec 1000 $ de moins dans vos poches. Bon, mauvais exemple. Mais pour les deux premiers et des milliers d'autres, devriez-vous continuer, ou arrêter?

Longtemps, j'ai rêvé de jouer à Paris, d'y présenter un spectacle. Après avoir cogné à toutes les portes pendant cinq ans, et grâce au contact d'un contact d'un contact qui m'a fait passé une audition dans une salle parisienne, j'ai finalement conclu une entente. J'ai passé l'année 2009 à Paris, j'ai présenté 100 fois mon spectacle d'humour, et j'ai réalisé mon rêve.

À un certain moment, j'ai passé proche d'arrêter mes démarches. Pourquoi s'acharner? Mais heureusement, j'ai fait ce dernier voyage qui a confirmé l'aventure. Chaque «non» nous rapproche d'un «oui», ai-je déjà entendu. C'est vrai.

Abandonner ou persévérer

C'est pareil en amour. Avec une nouvelle rencontre ou un conjoint stable, on passe inévitablement par des moments d'insatisfaction. Des fois, c'est elle/lui qui change, parfois c'est nous, peu importe.

La satisfaction totale et éternelle n'existe pas. Tout a besoin d'être corrigé en cours de route, et parfois, la seule solution est de débarquer du bateau pour voguer ailleurs, et autrement.

Mais quand doit-on tirer la plogue et quand doit-on corriger simplement le tir? Méchant casse-tête. Je tente une réponse. Je crois qu'il s'agit surtout de différencier les cas où l'autre personne (ou situation) peut potentiellement se corriger de ceux où c'est impossible.

Vous rencontrez une personne avec qui l'aspect sexuel n'est pas convaincant. Ça va, sans plus. Vous avez beau être ouvert, ça accroche. Ne tirez pas la plogue: ça se corrige, ça s'améliore.

Tous n'ont pas la même ouverture au début, avec une nouvelle rencontre, et certaines personnes peuvent se montrer plus ouvertes qu'auparavant à explorer des zones inconnues avec telle personne plutôt que telle autre. Plus simplement dit: « Non, je n'aimais pas faire ça, mais avec toi, pourquoi pas?»

Par contre, vous réalisez que votre nouvelle flamme a un intellect limité. Vos échanges sont plutôt «de base», et vous n'êtes pas stimulé. Désolé de vous l'apprendre, mais ça ne pourra pas s'améliorer avec le temps. De la même façon, une personne avec une grave dysfonction ne s'améliorera pas grâce à vous.

Vous caressez des lunes un projet depuis qui n'aboutit pas. Avant d'abandonner, assurez-vous d'avoir cogné aux bonnes portes. Quelqu'un, quelque part, peut vous aider. Donald Trump disait: «Si tu n'as pas essayé pendant 20 ans, c'est que tu n'as pas essayé assez fort.»

Dans le fond, le défi est d'éviter de rester dans un cul-de-sac, tout en ne tirant pas trop rapidement la plogue sur une situation qui ne demandait qu'un peu de patience et de communication.

La clé: parler à l'autre

Je vois deux trucs qui m'aident à éviter l'une ou l'autre de ces situations. Communiquer, dire ce que j'aime chez quelqu'un et son contraire, avec le plus de tact possible. Quelque chose ne tourne pas rond avec la nouvelle équipe avec qui vous avez commencé à collaborer ? Dites-le. Simplement. Ne cherchez pas tout de suite un plan B.

L'autre truc, c'est d'accepter l'effet-surprise. Combien de fois ai-je stressé à dire quelque chose à quelqu'un quand, finalement, le tout était bien reçu?

C'est aussi très agréable de se rendre compte qu'on pensait ne pas aimer quelque chose pour réaliser qu'on n'aimait tout simplement pas le faire avec tout le monde. Je me souviens d'une fille avec qui j'aimais discuter au téléphone pendant des heures. Avant elle, je ne communiquais que par messages textes, en disant à tout mon entourage qu'on allait avoir amplement de temps pour parler lorsqu'on se verrait.

J'ai accepté d'être surpris, je l'ai été, et agréablement. Vous avez tous des exemples de situation où vous avez été surpris. Bien, dites-vous qu'il y a une tonne d'autres situations où vous n'avez peut-être pas donné la chance à l'autre de vous surprendre.

En un mot, mon truc cette semaine: parlez. Parlez au lieu de vous pousser, et donnez-vous au moins la chance, à VOUS, d'être surpris avant de juste tirer la plogue.

J'attends vos lettres pour la semaine prochaine. Amenez-en, des problèmes!


Écrivez à Marc Boilard

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