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Rénover = Enfer

Canoe.ca  | 12 novembre 2012

Salutations chers lecteurs et lectrices (ben oui, on sait que la section Hommes est lue en bonne partie par des femmes. Alors, bienvenue aux dames!)

La commission Charbonneau porte à notre attention, nous pauvres citoyens, toute la magouille qui existe dans la construction depuis des lunes, grâce à laquelle l'argent de nos taxes se transforme miraculeusement en chalet de luxe pour un constructeur malhonnête.

Mais nul besoin d'être abonné à la commission Charbonneau en direct et en couleur pour savoir que la construction, c'est souvent n'importe quoi. Il suffit d'avoir eu un jour à rénover sa salle de bain, ou à changer les surfaces de sa cuisine, pour vouloir témoigner à son tour à la commission Boilard sur le mystère de l'industrie de la construction et de la rénovation résidentielle.

Voici d'ailleurs un extrait de témoignage reçu la semaine dernière.

Salut Marc,

Je viens tout juste de finir de rénover ma nouvelle maison. C'est incroyable.

Que ce soit le gars d'escalier qui t'apprend qu'il ne fait pas les marchepieds ni la rampe (une fois chez toi pour faire la job) ou le peintre à qui tu donnes un contrat pour faire toute la maison, et qui t'apprend (lui aussi sur place) que sa soumission n'inclut pas les garde-robes, en passant par le terrassement, où l'équipe a laissé ses outils et machines traîner pendant une semaine sans être joignable, peu importe le job à faire... Bref, c'est tout croche.

Y a-t-il un moyen de faire faire des rénovations sans vivre le bordel?

F. Massicotte, Saint-Sauveur

Mon ami F, d'abord, le pourquoi. Quelle autre industrie peut se permettre d'être aussi bordélique sans en souffrir? Deux raisons, selon M. Desmoines, lui-même entrepreneur en construction et ami personnel.

«De un, TOUT LE MONDE finit par faire des rénovations, même mineures. La demande est infinie. Il y a donc de la place pour les bons ET les mauvais. De deux, contrairement à l'Ordre des médecins ou la Chambre des notaires, n'importe qui peut faire de la rénovation en dessous de la table, et il y aura toujours des clients prêts à payer moins cher. Alors oui, c'est souvent n'importe quoi.»

Y a-t-il des trucs? Est-ce la roulette russe? Oui, on peut s'en sortir.

Voici cinq trucs, donnés par M. Desmoines, avec mes commentaires.

1- «Avant d'engager un entrepreneur, vérifier ses références, son statut avec des associations professionnelles comme l'APCHQ.»

Bien sûr que ça va coûter plus cher que de faire affaire avec «Zouinzouin rénopascher», mais dans ce domaine comme ailleurs, j'ai pour mon dire que pas cher, c'est trop cher. Payez donc le prix, et réglez le problème, pour vrai!

2- «Avoir un calendrier précis avec des objectifs à court terme afin de bien suivre la progression des travaux.»

Demandez à votre fournisseur ce qui sera fait, et quand. Insistez. Pas de flou ici. Au pire, ce ne sera pas respecté à la lettre, mais ça va aider.

3- «Établir un budget clair et précis. Et ventilé.»

Ceci coûte ça. Pas de surprise en cours de route. Il y en aura, mais elles auront été évaluées.

4-«Offrir des bonus et autres avantages qui sont payables seulement si le budget et l'échéancier sont respectés.»

Ça, c'est bon. Par exemple, il vous charge 2000 $. Parfait, 2000 $, payable uniquement si les travaux sont complétés telle date. Par écrit. Bingo.

5- Le dernier truc est de mon cru. Soyez un bon client. On pense toujours juste à avoir du service, mais ça existe aussi, être un bon client, et ça sauve du trouble.

Sachez ce que vous voulez. Soyez clair. Payez vous aussi au moment convenu. Et de grâce, ne chialez pas sur le moindre détail.

Arrêtez de regarder chaque coup de peinture comme si c'était une œuvre de Michelangelo. C'est votre plafond de salon, on ne capote pas SVP!

J'ai rénové l'an passé un condo à distance. Je n'étais même pas là! Je recevais des photos, je payais selon l'avancement des travaux.

Greg, mon entrepreneur, m'a dit que ça été la job la plus stressante qu'il a eue, car le stress était sur lui, pas sur moi! Tout s'est bien déroulé.

Morale: ça se peut, des rénovations qui vont bien, avec un peu de chance j'en conviens, mais surtout, avec un suivi convenable du côté client.

Et si vous n'êtes pas à l'aise avec tout ça, pourquoi ne pas commencer par demander à un ami qui a récemment fait des rénovations comment lui s'y est-il pris?

Ça semble trop simple, mais on oublie parfois de juste solliciter notre entourage pour avoir de l'information. Le reste roule souvent beaucoup mieux quand on commence par cette petite phrase: peux-tu m'aider?

Respiiiiiiiiiire.

Et voilà pour notre ami F. Qui aide-t-on la semaine prochaine?

Écrivez à Marc Boilard

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