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Je l'aime, donc je paie

Canoe.ca  | 5 novembre 2012

Bon lundi les mecs,

Les lettres entrent allègrement concernant majoritairement (comme je suis surpris!) des problèmes qui concernent une femme.

On dira ce qu'on veut, mais bien en avant les problèmes de santé, d'impôt ou de gazon jauni, ce sont les problèmes relatifs aux femmes qui se ramassent en première position des préoccupations masculines.

J'ai donc choisi cette lettre qui parle d'un problème de ce genre, mais qui comporte un volet juridique très intéressant.

Bonjour Marc,

Ma blonde, avec qui je suis en couple (pas marié) depuis 10 ans, a décidé qu'elle était une grande fille autonome, maintenant qu'on a deux jeunes enfants, une belle maison et de l'argent. Elle n'a pas grand-chose à me reprocher sérieusement, mais elle est juste faite pour vivre seule et ne veut pas les enfants plus qu'une semaine sur deux.

Justement sur le sujet de l'argent, il y a 8 ans, juste avant d'avoir notre premier enfant, j'ai accepté de faire un document notarié pour mettre la maison à nos deux noms.

Wow! C'est comme si elle avait reçu un cadeau d'environ 50 000 $ cette journée-là qui vaut maintenant 95 000 $, selon le prix de vente de notre nouvelle maison.

Est-ce que j'ai été con, il y a 8 ans, de lui faire ce cadeau, ou bien le serai-je bientôt si j'accepte de lui donner la moitié qu'elle va réclamer lors de la vente de la nouvelle maison ?

Évidemment que son investissement original de 0 $ semble lui rapporter gros aujourd'hui. Que dois-je faire, lui demander compensation, lui refuser sa moitié, ou fermer ma gueule et faire le bon gars comme je l'ai fait originalement, il y a 8 ans?

Un gars qui trouve la situation injuste.


Je t'aime, voici la moitié de ma maison. C'est un peu cher payé, mais bon... Disons que ce n'est pas tout le monde qui vit sa relation comme dans la chanson On va s'aimer encore de Vincent Vallières.

J'ai consulté l'avocat Jérémie Martin (www.maitremartin.com), qui répond à cette lettre de la façon suivante:

«Puisque ce couple n'est pas marié, cette question est tranchée selon les règles du droit civil. L'article 1015 du Code civil du Québec prévoit que les parts des indivisaires sont présumées égales. Monsieur a fait le choix, peu importe ses motivations, de faire de Madame la copropriétaire de la maison et il doit maintenant, en droit, assumer ce choix. Cela dit, si Monsieur a payé pour des rénovations essentielles ou importantes dans la maison, il pourra réclamer une compensation en vertu de l'article 1020 du Code civil du Québec.»

Bref, il faut assumer maintenant.

Je connais de plus en plus de gars qui décident de partager les frais principaux avec leur conjointe sur une base égalitaire, si cette dernière gagne moins. Grosso modo, le discours devient: «On va s'acheter la maison dont tu vas être capable de payer la moitié. En passant, voici une belle boîte de chocolats. Je t'aime.»

Les questions financières finissent par rattraper tout le monde. Le principe «on verra dans le temps comme dans le temps» s'avère une belle solution romantique à court terme, mais ordinaire en bout de ligne.

À notre époque où, disons-le bien honnêtement, l'organisation d'un couple a perdu toute la stabilité qui existait à l'époque du mariage «obligatoire» pour tout le monde, il me semble bien normal de séparer l'argent et l'amour, ou du moins, de ne pas en faire une équation «je t'aime, donc je paie».

Écrivez à Marc Boilard

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