Eric Chandonnet

Chronique d'Eric Chandonnet

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Après Uber X, Uber XXX?

Après Uber X, Uber XXX?

L'application Ohlala jouit d'un flou juridique, un peu comme Uber.Photo Fotolia

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L'entreprise Uber fait beaucoup parler d'elle ces temps-ci avec sa guerre à l'industrie des taxis, mais elle présente aussi un modèle d'affaires de plus en plus populaire: l'économie du partage.

Maintenant qu'Uber est évaluée à plus de 40 milliards $, il n'est pas étonnant de voir d'autres compagnies vouloir jouer les entremetteurs. Par exemple, WeDo est une application québécoise qui permet de se trouver quelqu'un pour déneiger notre entrée. De son côté, l'appli Helping permet de se trouver une femme ou un homme de ménage.

Avec toutes ces histoires à succès, ce n'était qu'une question de temps avant que l'économie du partage se rende à notre chambre à coucher. Eh oui! Depuis l'été dernier, il existe une application assez controversée : Ohlala, l'application qui offre des «rencontres tarifiées».

Si vous trouvez que ce nouveau «dating tarifié» sonne un peu comme de la prostitution, vous n'êtes pas seul. Même sur le site officiel américain, on précise à plusieurs reprises que l'application n'est pas un service d'escortes. En fait, on le précise tellement souvent que la nuance devient de moins en moins crédible à chaque fois.

L'application a été fondée par Pia Victoria Poppenreiter, une femme d'affaires allemande qui est déjà connue pour avoir lancé une application de prostitution en 2014. Il faut dire que la prostitution est légale en Allemagne depuis 2002. Suite à son échec, Poppenreiter revient en force avec un nouveau concept qui espère peut-être compter sur un flou juridique pour justifier ses pratiques. Une stratégie qui semble plutôt bien fonctionner pour Uber jusqu'à maintenant.

«- Est-ce que tu te prostitues?
- Pas du tout! Je couche avec des gens pour de l'argent.
- Ah, d'accord.»

Un tabou

Alors que plusieurs étudiants offrent déjà leurs services à Uber X, Helping ou WeDo pour arrondir leurs fins de mois, ils ont maintenant une autre option avec Ohlala. Rien pour faire mourir le fameux cliché «C'est pour payer mes études». Et si les services d'Uber grimpent par soirs de grand achalandage, est-ce qu'Ohlala devient hors de prix à la Saint-Valentin?

Même si le concept de baise rémunérée risque d'en choquer plusieurs, peut-on espérer interdire ce genre d'application encore longtemps? Même dans l'éventualité où Ohlala s'avère un échec, la pâte à dent risque d'être difficile à remettre dans le tube.

Une bonne application de «rencontres tarifiées» aurait au moins la possibilité d'enrayer ce qu'il y a de plus laid dans la prostitution : l'exploitation. Un modèle moderne permettrait d'éliminer le proxénète de tout le processus. Ça permettrait aussi de s'assurer que tous les participants soient bien identifiés et majeurs. Avec les évaluations de tout le monde, les mauvais humains deviendraient aussi très faciles à identifier, dénoncer et condamner.

Cela dit, la prostitution demeure un concept qui dérange et on est encore bien loin d'une démocratisation de ce genre de service. D'ailleurs, l'application n'est toujours pas disponible au Québec ni au Canada. On ne la retrouve pas non plus sur la boutique d'applications d'Apple. Assez puritain pour une compagnie dont le logo met en vedette le fameux fruit défendu.

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