Les réalisateurs trop bien payés au goût des producteurs

Convention collective - Les réalisateurs trop bien payés au goût des producteurs

Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 17-06-2008 | 11h02

Les producteurs de films et de télévision sont d'avis que les réalisateurs du Québec sont trop bien payés, parfois même plus qu'un urgentologue ou un premier ministre, mettant du coup en péril la production télévisuelle indépendante.

Les réalisateurs du Québec sont sous le coup d'une convention collective que les producteurs souhaitent revoir par le biais d'une procédure judiciaire.

Impraticable

«La hausse vertigineuse des cachets (versés aux réalisateurs) et des bénéfices marginaux imposés par ce décret, couplée à l'incohérence des licences d'exploitation exigées, rend cette entente impraticable pour les producteurs, mais également pour les diffuseurs et tous les organismes qui contribuent au financement des productions», dénonce Claire Samson, présidente- directrice générale de l'APFTQ.

L'application de cette entente ferait parfois doubler, voire tripler dans certains cas, les cachets des réalisateurs par rapport aux pratiques courantes et reconnues au Québec par tous les diffuseurs et organismes de financement.

Au chapitre des documentaires, certains cas réels répertoriés montrent des augmentations où le cachet du réalisateur, si on y inclut le paiement des licences pour l'exploitation de l'oeuvre, représenterait de 40 % à 90 % du budget total de production.

Incroyable

Selon l'APFTQ, dans le cas d'une série quotidienne tournée cinq jours sur sept pendant 40 semaines, le réalisateur pourrait empocher un salaire avoisinant les 390 000 $. L'association estime que cette somme déclasse le salaire d'un urgentologue ou d'un premier ministre, en plus de ne pas tenir compte des paramètres financiers de l'industrie.

Les producteurs du Québec estiment ainsi que cette hausse salariale pourrait exclure toute possibilité de vente à l'étranger des productions locales. Ils croient également que l'entente collective APFTQARRQ en télévision serait néfaste sur le plan de la diversité des lieux de création et pourrait également résulter en perte d'emplois pour nombre d'artistes et artisans de l'industrie.

L'APFTQ a jusqu'à la fin du mois pour for muler sa demande et préciser ses requêtes.


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