Le CRTC digère mal l'abandon des nouvelles

TQS - Le CRTC digère mal l'abandon des nouvelles

Caroline Roy
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 03-06-2008 | 09h22

Sceptique, le CRTC a beaucoup de difficulté à digérer l'idée que TQS cesse de produire des bulletins de nouvelles d'un peu partout au Québec.

Les audiences du CRTC sur l'avenir de TQS ont débuté hier matin à Montréal. Elles se poursuivent aujourd'hui à Québec.

La direction de TQS-Remstar a dû défendre sans relâche, devant les trois commissaires du CRTC, son plan d'abolir les bulletins de nouvelles.

Cette proposition est contraire au mandat d'une télé généraliste comme le Mouton noir. C'est pourquoi le CRTC semble hésiter avant d'accorder une licence de télé généraliste à la nouvelle TQS.

«Nous avons un problème avec votre programmation», a lancé le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, lors d'un interrogatoire serré avec la direction de TQS.

«Que diriez-vous si on acceptait votre proposition, mais à condition que vous gardiez les bulletins de nouvelles?» a demandé M. von Finckenstein.

«Sincèrement, la réponse est non, a répondu Serge Bellerose, directeur général de TQS. Avec des nouvelles, on ne sera jamais rentable. Il n'y a pas de solution autre que celle-là.»

Éprouvant

À la fin de la jour née, Maxime Rémillard a rencontré seul les journalistes pendant dix minutes «top chrono», avant de s'enfuir à Québec.

«Qu'est-ce que vous faites si le CRTC vous oblige à avoir des nouvelles?» ont demandé les journalistes.

«On a fait une proposition au CRTC, la décision lui appartient», a répété Maxime Rémillard, qui a refusé d'indiquer si sa proposition pouvait être modifiée.

L'homme d'affaires se présentait pour la première fois de sa vie à des audiences du CRTC. «C'était ma première expérience. C'est un peu éprouvant, mais on tient la route», a-t-il dit.

Ce dernier a souligné qu'il n'avait rien contre les journalistes. «On ne peut juste plus payer pour des salles de nouvelles», a indiqué Maxime Rémillard.

Assis dans l'assistance, son frère, Julien Rémillard, a assisté silencieux aux audiences durant toute la journée.

Financement de TQS?

Par ailleurs, le CRTC a également insisté pour en connaître plus sur les états financiers de Remstar et sur l'investissement prévu dans TQS.

Le CRTC veut évaluer si les frères Rémillard seront en mesure d'injecter de l'argent neuf dans TQS et non pas seulement de jouer le rôle de prêteurs, comme c'est actuellement le cas.

«À quelle étape vous mettrez l'argent dans l'entreprise?» a demandé M. von Finckenstein. Les frères Rémillard devraient fournir des documents en ce sens aujourd'hui au CRTC.

ILS COMPARAISSENT AUJOURD'HUI

  • Les employés de TQS en région (Québec, Mauricie et Estrie).
  • La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre.
  • Sébastien Proulx et François Benjamin, députés de l'ADQ.
  • Stéphane Perreault et Sylvain Gaudreault, députés du PQ.
  • L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec.
  • La Fédération professionnelle des journalistes et le Conseil de presse du Québec.
  • Le maire de Québec, Régis Lebeaume.
  • LES CHIFFRES DE LA NON-RENTABILITÉ

  • TQS et Remstar ont balancé plusieurs chiffres au CRTC pour prouver que les salles de nouvelles et le réseau ne sont pas rentables.
  • Depuis janvier, le réseau perd 1,2 million de dollars par mois.
  • L'année dernière, TQS a enregistré des pertes de 18 M$.
  • Du 7 septembre 1986 au 31 août 2007, TQS a connu des pertes de 225 M$.
  • En 2006-2007, les bulletins de nouvelles ont coûté 23 M$ à produire. Ils ont rapporté 18 M$ en revenus publicitaires.
  • D'ici 2011, TQS devra investir 15 millions de dollars pour convertir ses stations au numérique et à la technologie haute définition (HD).
  • TQS mettra à pied 270 employés d'ici la fin du mois d'août.

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