La survie des nouvelles en jeu

TQS - La survie des nouvelles en jeu

Caroline Roy
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 02-06-2008 | 11h55

Les bulletins de nouvelles de TQS survivront-ils? C'est sur cette question et bien d'autres que le CRTC doit se pencher dès aujourd'hui lors des audiences sur le transfert de propriété de TQS à Remstar.

Deux camps se déchireront devant les commissaires du CRTC, qui siégeront aujourd'hui à Montréal et demain à Québec.

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D'un côté, les syndicats de TQS, les journalistes et les politiciens qui iront réclamer le maintien à tout prix des salles de nouvelles du Mouton noir.

De l'autre, Remstar qui présentera la programmation envisagée de TQS, qui ciblera une audience plus jeune, soit les 18-49 ans.

Remstar veut prioriser la production privée d'émissions de divertissement, de fiction et d'affaires publiques. Les producteurs appuient donc sans réserve son plan.

Les propriétaires de Remstar, Maxime et Julien Rémillard, désirent conserver l'information à l'antenne, mais sous forme d'émissions de commentaires et de débats.

Leurs arguments réussiront-ils à convaincre le CRTC de leur octroyer une licence de télé généraliste? Le combat des syndiqués et des journalistes de TQS est-il peine perdue?

«Oui, si le CRTC se comporte comme il le fait depuis 20 ans. C'està- dire qu'il a toujours écouté les entreprises, mais pas les journalistes», explique Marc-François Bernier, titulaire de la chaire en éthique du journalisme à l'Université d'Ottawa.

Mais l'importante mobilisation politique derrière les employés de TQS peut intimider le CRTC, selon lui. «Le CRTC est un organisme de réglementation, pas de déréglementation», dit-il.

Dans toute cette affaire, il ne faut pas oublier que TQS est en faillite. Le réseau perd 1,2 million de dollars par mois depuis le début de l'année. Le CRTC devra tenir compte que les salles de nouvelles coûtent cher à conserver pour TQS.

«Il y a aussi une loi économique dure. C'est normal pour une entreprise de vouloir faire un peu de profits», rappelle M. Bernier.

Des parasites

Le CRTC peut approuver le transfert de licence de TQS vers Remstar, mais à certaines conditions, dont le maintien de bulletins de nouvelles traditionnels.

«Remstar peut accepter ou non. S'il refuse, on recommence à zéro le processus de vente de TQS. C'est très incertain et risqué pour l'avenir de la station», explique Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d'études sur les médias.

Marc François Bernier remet en question le type d'information que souhaite réaliser TQS-Remstar.

«S'ils ne produisent pas d'information à l'interne, ils vont aller parasiter les nouvelles de Radio-Canada, Quebecor et Gesca. C'est eux qui vont subventionner l'information de TQS, qui va bâtir ensuite des émissions d'actualité avec quelques grandes gueules», dit-il.

Parmi les intervenants d'aujourd'hui, on retrouve entre autres les députés fédéraux Denis Coderre, Maria Mourani et Thomas Mulcair. Le Syndicat des employés de TQS prendra aussi la parole.

Avec la fin complète des bulletins de nouvelles en septembre, Remstar prévoit mettre à pied 270 employés.

Le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, et les conseillers Michel Arpin, ancien cadre chez Astral Média, et Michel Morin, ancien journaliste à Radio-Canada, devraient rendre leur décision à la fin de juin.


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