The Bridge: les secrets de Diane Kruger

Entrevue  - The Bridge: les secrets de Diane Kruger

Diane Kruger | Photo Reuters 

Bill Harris

Dernière mise à jour: 08-08-2013 | 11h30

«[La téléréalité] Here Comes Honey Boo Boo. C’est fascinant parce que je ne suis pas américaine et que cette partie de l’Amérique me fait penser à La guerre des étoiles», a indiqué l’actrice allemande quand on lui a demandé quelles émissions de télévision elle regardait.

Elle doit également trouver à The Bridge — une excellente dramatique qui est diffusée les mercredis sur le réseau FX Canada — une ressemblance avec La guerre des étoiles. La série, qui met aussi en vedette Demian Bichir, s’articule autour d’activités criminelles se déroulant à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Mais Diane Kruger a expliqué qu’elle utilisait sa nationalité étrangère et son détachement habituel à l’égard des sujets qu’elle traite pour l’aider à incarner avec véracité son personnage de Sonya Cross, une détective d’El Paso au Texas, atteinte du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.

«Parce que je suis Allemande, je suis beaucoup plus directe. Beaucoup de gens disent des Allemands qu’ils sont brusques parce que la langue ne permet pas certaines des gentillesses qu’on trouve en anglais ou en français. J’ai vraiment utilisé cela pour Sonya. Elle ne pense qu’à aller du point A au point B, le point C n’étant qu’une distraction», a-t-elle commenté.

«Beaucoup de personnes atteintes du syndrome d’Asperger sont brillantes. Il paraît qu’Albert Einstein et Steve Jobs en étaient atteints. Leur capacité de concentration était exceptionnelle.»

Un rôle coloré

La réaction du public face à son interprétation d’une personne atteinte du syndrome d’Asperger a également été une expérience intéressante pour Diane Kruger.

«Cela a été parfois douloureux, car nous ne mentionnions pas, dans le premier épisode, le nom de sa maladie. Certaines personnes ont donc réagi en disant qu’elle était bizarre et j’ai alors réalisé que c’est cette même réaction à laquelle sont confrontés quotidiennement les malades. On ne leur parle pas parce qu’on les trouve étranges. Ils ne trouvent jamais leur place.»

«Ce n’est pas que Sonya est coupée de ses émotions, elle a simplement du mal à les gérer. Elle est capable d’obtenir l’information dont elle a besoin pour faire son travail. Par contre, elle met les autres mal à l’aise en le faisant.»

Selon Diane Kruger, le fait de jouer un personnage comme Sonya, avec toutes ses particularités et une manière d’être qui passent souvent pour de l’insensibilité ou de l’impolitesse, est un plus grand risque pour une actrice que pour un acteur.

«C’est beaucoup plus acceptable socialement pour un homme d’être brusque et impoli. Tout le monde trouve cela charmant. Prenez Jon Hamm, ou plus spécifiquement Don Draper, son personnage dans Mad Men, c’est l’homme le plus détestable du petit écran. Or, parce qu’il est beau et que c’est un homme, les femmes le trouvent merveilleux. Si une femme faisait la même chose, on la traiterait de prostituée», a commenté l’actrice.

«Je dis simplement que les clichés et les standards pour les hommes et les femmes, que ce soit à la télévision ou au cinéma, sont tellement bizarres! J’ai décidé de ne plus avoir peur et de faire le saut les yeux grands ouverts, en étant parfaitement consciente que les réactions pourraient être négatives face au personnage de Sonya.»

«Mais je suis extrêmement protectrice en ce qui la concerne. Elle est intègre. Elle est forte et pourtant vraiment vulnérable. Elle est aussi extrêmement seule. C’est le personnage le plus coloré qu’il m’a été donné de jouer.»

Et elle est bien plus colorée que Honey Boo Boo!


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