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Petit écran - Pas facile pour les réalisatrices de s'imposer
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PETIT ÉCRAN

Pas facile pour les réalisatrices de s'imposer

19-11-2012 | 13h26

L’étude Les réalisatrices du petit écran révèle que les femmes qui dirigent des plateaux gagnent moins bien leur vie, ont la nécessité d’être «deux fois meilleures» que leurs collègues masculins et doivent travailler tout en nuances avec les équipes pour n’être «ni trop fragiles, ni tyranniques».

Commandé par un groupe de réalisatrices en télévision et l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), à l’aube de la Journée mondiale de la télévision de ce mardi, ce portrait de situation se penche sur la place des femmes après six décennies de télévision au Québec.

«Avec cette étude, nous voulions faire la lumière sur la réalité des réalisatrices en télévision afin que tout un chacun prenne conscience de la situation. Il est inconcevable qu’en 2012, au Québec, certains genres télévisuels, tels que la fiction et les captations de variétés/arts de la scène, ne soient pas accessibles de manière plus équitable. Nous souhaitons rendre visibles les murs qui se dressent sur le parcours des réalisatrices et engendrer une réflexion chez les différents acteurs de l’industrie afin que celles-ci aient les mêmes opportunités que leurs collègues masculins à compétence égale», a dit Marie-Pascale Laurencelle, porte-parole du groupe de réalisatrices ayant participé à l’étude. Elle réalise entre autres l’émission Bazzo.tv, diffusée à l'antenne de Télé-Québec.

On a précisé lundi que les données sur lesquelles s’appuie l’étude ont été colligées sur plusieurs années, notamment auprès d’une centaine de réalisateurs et de réalisatrices gagnant leur vie dans l’univers de la télé.

«Peu d’études avaient abordé la question de la place des femmes en réalisation télévisuelle au Québec auparavant. Pourtant, le rôle des créateurs est indéniable dans une production télévisuelle et l’équité des sexes dans un média aussi important et représentatif de notre société est indispensable. De plus, l’étude dresse un portrait général de ce métier qu’est la réalisation en télévision et de l’impact des transformations opérées dans l’industrie au cours des dernières années, des sujets qui, évidemment, préoccupent l’ARRQ», a indiqué pour sa part Caroline Fortier, directrice générale de l’ARRQ, organisation représentant les intérêts de plus de 650 réalisateurs et réalisatrices.

Selon l’étude, la multiplication des maisons de production privées ces dernières années a compliqué d’autant «l’identification de qui doit se porter responsable pour l’équité en emploi».

De plus, les budgets serrés des productions ont créé «un environnement où les décideurs et les employeurs deviennent de plus en plus enclins aux biais et aux stéréotypes».

On indique par ailleurs que «la prise de risque est considérablement réduite et se traduit à l’embauche par le choix de personnalités connues, et à la programmation, par un manque d’originalité et de diversité. Dans ce contexte, les femmes voient leurs gains ainsi que le progrès vers l’équité fragilisés».

Enfin, indique-t-on dans les conclusions de l'étude, les femmes sont surtout considérées pour piloter les émissions dans les créneaux de la santé, de la famille, de la jeunesse et de la mode, les séries de fiction et les grands événements étant davantage l’apanage des hommes.

«Ces créneaux réservés aux femmes sont en général les moins regardés, les moins payants et se réalisent dans des conditions souvent plus difficiles», écrit-on.

 

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