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Michael C. Hall - Les autres personnages de Dexter
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Michael C. Hall

MICHAEL C. HALL

Les autres personnages de Dexter

Bill Harris
30-09-2012 | 04h14

Lorsque vous incarnez un tueur en série de la trempe de Dexter Morgan, vous avez toujours un tas de choses à raconter. Mais avec la saison 7 de Dexter, qui débute ce dimanche sur The Movie Network et Movie Central au Canada – Showtime aux États-Unis –, je me suis dit que j’allais donner à son acteur principal, Michael C. Hall, une chance de changer de sujet, façon de parler. Voici comment notre conversation s’est déroulée.

Bill Harris : Je suis sûr que vous êtes tanné de parler de vous et de votre personnage.
Michael C. Hall : Non, c’est correct.
BH : Très bien, je vais vous demander de me parler un peu des autres personnages.
MCH : Parfait.
BH : Commençons avec Deb (incarnée par Jennifer Carpenter). Je ne sais pas vous si allez être d’accord, mais selon moi, Deb c’est le côté humain de l’émission.
MCH : Oui, elle en est certainement le cœur. Autant Dexter est quelqu’un de très compartimenté et inexpérimenté au niveau émotionnel, autant Deb porte son cœur sur sa main. Elle est presque le rythme cardiaque de Dexter.
BH : C’est une très belle manière de le dire. Et, peut-être que ma mémoire me joue des tours, mais je me souviens que dans la première saison j’ai trouvé Deb irritante, d’une manière amusante. Elle devient plus complète chaque saison.
MCH : Oui, c’est vrai. C’était un personnage égoïste, anxieux, jeune et encore en devenir. Dexter a essayé de la renforcer, de lui donner confiance en elle et de la faire se rebeller contre les gens qui l’importunaient, et, maintenant, ça lui retombe dessus. Il l’a aidé à s’élever en quelque sorte, et plus elle monte haut, plus elle devient potentiellement menaçante. Elle est plus en harmonie avec elle-même, elle a plus de sang-froid, plus de confiance, plus de féminité.
BH : Dexter aurait dû la voir venir.
MCH : Oui. En tant qu’acteur, j’ai supposé qu’il était potentiellement en train de cultiver quelque chose qui pourrait devenir une menace, mais j’ai aussi senti que, malgré ce que nous l’avons entendu dire de lui-même au début de la série, de sa relation avec sa sœur, ou sœur adoptive, il ne nous encourageait pas à le croire lorsqu’il nous disait qu’il était incapable de ressentir des émotions humaines, car il a une connexion avec elle. Il semble avoir le désir d’être un bon grand frère, de devenir le père qu’elle n’a jamais eu, raison pour laquelle il a décidé de la suivre elle plutôt que son frère tueur en série. Vous pouvez toujours dire qu’il l’a fait par pragmatisme, car les policiers étaient déjà sur le «tueur au camion frigorifique», et qu’est ce qu’il pouvait faire, tomber avec lui? Non. Mais...
BH : Mais c’était un choix, et il a sciemment choisi sa sœur.
MCH : Oui c’est vrai.


BH : Maintenant, vous utilisez le mot «cœur» avec Deb, mais j’ai toujours pensé que c’était Batista (David Zayas) le cœur de l’émission.
MCH : Dexter a sa propre manière de faire, un peu hors-norme, et Batista est quelqu’un qui semble opérer en accord avec un code d’éthique plus traditionnel, ce qui transparaît dans la série. Son passé est turbulent, mais dans ses interactions avec Quinn (Desmond Harrington), on voit bien qu’il a un sens aiguisé pour distinguer le bien du mal. C’est ce qui fait de lui un bon policier. On le voit comme quelqu’un qui n’a pas évolué contrairement à des gens moins scrupuleux, comme LaGuerta (Lauren Velez) par exemple.
BH : Pour moi, Quinn c’est l’enfant frustrant, qui a du potentiel, que vous aimez, mais qui vous déçoit.
MCH : Il va inévitablement saboter ses intentions les plus nobles. Oui, Quinn est comme un enfant à problèmes, il est touché par le génie, mais il se tire lui-même dans le pied.
BH : C’est un enfant brillant, qui continuera à obtenir des mauvaises notes même si vous lui dites d’étudier.
MCH : Exact, et il réussit ensuite à restaurer votre confiance en rendant une dissertation incroyable.


BH : Dans le jeu de la mortalité, LaGuerta serait le joker. C’est le serpent, le serpent intelligent.
MCH : Oui, oui. Elle a prouvé qu’elle était capable d’être égoïste, manipulatrice et fausse. Les serpents sont formidables.

BH : Je pensais que Harry (James Remar) était un repère moral dans la série, mais, à mesure que le temps avance, je me rends qu’il représente juste le passé. J’ai arrêté de le voir comme une force du bien et du mal.
MCH : Oui, Dexter et Harry échangent, parfois ils élucident les intrigues ensemble, mais on tente toujours de les dramatiser et voir des conflits entre eux. Mais il n’est pas Harry, il est une énergie internalisée que Dexter porte en lui. Tout est lié au passé, sur ce qu’il était conditionné à croire étant enfant. Il y a une force en Dexter qui semble toujours se reposer sur ça. D’un côté, il a le désir continuel de réaffirmer son allégeance au code, et, en même temps, il a le désir d’avoir une relation antagoniste avec l’énergie interne transmise par son père. BH : Il veut suivre le code à la ligne, tout en le brisant.
MCH : Il veut le suivre, mais il veut l'adapter à sa personnalité, il ne veut pas avoir l'impression que c’est quelque chose qui lui a été donné. Il veut l'absorber, l'intégrer, le sublimer, une partie de lui sent qu'il le mérite, mais son père reste toujours une présence marquante de son passé psychique, malgré ses efforts à briser ce lien et à devenir un homme. Ça le vexe toujours.

BH : Il faut maintenant inclure Harrison (le bambin de Dexter) dans la liste des personnages. Lors de son arrivée, je me suis dit, «Ça pourrait être gênant», et ça l'a d’ailleurs été pendant un moment. Mais il s'avère finalement que Harrison représente l'espoir.
MCH : Oui! (Avec enthousiasme)
BH : Harrison représente la pureté et l'espoir. Il occupe désormais un rôle vital dans la série, et j'admets que je ne la voyais pas venir celle-là.
MCH : C'est une très bonne observation. Ce qui m'a toujours attiré dans cette série, c’est que nous nous racontons des histoires à nous-mêmes, à propos de nous, de nos vies, afin de justifier les choix que nous faisons. Et je pense que Dexter se raconte l’histoire que c’est uniquement en servant son sombre passager qu’il deviendra un bon parent, que s’il ne tue pas, il va devenir dérangé. Et alors, il se retrouve dans une configuration où il doit tuer des gens pour être un bon père, ou tuer des gens pour être un bon professionnel.
BH : Quel horrible dilemme, non?
MCH : Je sais. C’est un réel fardeau, et c’est ce qui rend Dexter sympathique, c’est un personnage qui a encaissé beaucoup de choses dans sa vie.
BH : Très bien, c’est super, j’apprécie vos observations, merci.
MCH : Merci à vous d’avoir parlé d’autre chose que de Dexter Morgan.

Dexter à son meilleur lorsque menacé

Tel un poète, ou un auteur-compositeur, Dexter Morgan est au somment de sa forme lorsque sa vie est au plus bas. Si vous êtes amateur de la série Dexter , vous savez que la finale de la sixième saison a pris un tournant dramatique en décembre dernier (Attention «spoiler» : les sujets d'intrigues sont dévoilés dans les prochains paragraphes).

Mais où en sommes-nous dans l'histoire maintenant que Deb (Jennifer Carpenter) a surpris son frère adoptif Dexter (Michael C. Hall) en flagrant délit de meurtre? Il est évident que Dexter , dont la septième saison débute ce dimanche au Canada sur The Movie Network et sur Movie Central, ainsi que sur son réseau d'origine « Showtime » aux États-Unis — se rapproche plus de sa fin que de son début.

Pour l’instant, les créateurs de Dexter  ont l'intention de conclure la série à la fin d'une huitième saison, en 2013, mais rien n'est gravé dans le marbre. Vous auriez pu parier une grosse somme d'argent en 2006, aux débuts de Dexter, sur la non-pérennité d’une série sur un tueur en série (même avec des principes).

Il sera difficile pour Dexter  de faire mieux que sa quatrième saison, avec John Lithgow dans le rôle du «Tueur de la trinité», rien que pour l'aspect émotionnel. Mais c'est le destin de toute série qui à la chance d'avoir une prolongation, après un certain moment, elle sera inévitablement comparée à elle-même.

Malgré le moment larmoyant entre Dexter et Deb à sa toute fin, la sixième saison ne semblait pas être dans les favoris des critiques et des amateurs. Avec une date de fin prévue et un retournement de situation à gérer, il est possible que la tension s’intensifie de nouveau.

«Peu importe vos préférences dans les saisons, je vous dis, et j'y mets tout mon argent, que Dexter n'est jamais aussi accrocheur que lorsqu’il est en difficulté», a dit Michael C. Hall. Et il n'a jamais été autant en difficulté que maintenant. »

 

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