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Paul Arcand - Morning man premier de classe
© JdeM - Jocelyn Malette
Paul Arcand à la barre du 98,5 FM.

PAUL ARCAND

Morning man premier de classe

Michelle Coudé-Lord
21-08-2010 | 04h00

Il a 50 ans cette année, a 20 ans de radio derrière la cravate et est au sommet depuis pratiquement tout ce temps.

Paul Arcand, le morning man numéro un, entame sa sixième année à la barre de l’émission Puisqu’il faut se lever au 98,5 FM avec sagesse.

Son succès ne lui est pas monté à la tête.

«Je ne pense pas à la compétition ou à ce que fait René-Homier Roy à chaque jour. Le danger dans notre métier est de regarder ce que font les autres et de perdre de vue ce qu’on est en train de faire», confie en entrevue Paul Arcand, prêt plus que jamais pour la rentrée automnale.

Il est d’ailleurs en poste depuis déjà le début du mois d’août.
98,5 FM

- 1 133 000 auditeurs

- Moyenne d’écoute de 3,9 heures par semaine, par auditeur

- 13% des parts de marché (francophone)

- Puisqu’il faut se lever, l’émission la plus populaire (5e au top 40)

- Les principales têtes d’affiche : Paul Arcand, Isabelle Maréchal, Benoît Dutrizac, Paul Houde.

*Selon le sondage BBM Radio réalisé du 1er mars au 30 mai 2001, tenant compte des données «central»

«L’actualité n’arrête jamais. Mais disons qu’à l’automne, on sent tout de même une belle fébrilité».

Ce métier de morning man le stimule comme à ses débuts.

Mais pour Paul Arcand, le mot travail revient constamment dans son vocabulaire.

«Il n’y a pas de grand secret, c’est travail, travail, travail et savoir bien s’entourer de gens compétents qui sauront maintenir le niveau de jeu toujours très élevé. Ça nous stimule», dit-il.

La radio... optimiste face à son avenir

Il ne cache pas que dans toute programmation, les émissions du matin sont privilégiées.

«Sur le plan du budget, définitivement, on nous donne les moyens. Nous avons plus de recherchistes, plus de collaborateurs. À nous alors de savoir créer une ambiance qui plaira aux auditeurs. Je crois que nous avons réussi à donner le bon ton à cette émission. Nous savons être sérieux et drôles au bon moment. Nous passons d’un sentiment à un autre. C’est la clé pour maintenir le cap de 5 h 30 à 10 h le matin, chaque jour» assure Paul Arcand.

Pour lui, tout est une question de contenu.

«Je crois que la radio parlée est moins menacée malgré tous les changements que connaissent les stations musicales. On sent que les gens sont encore très attachés à ce médium.»

Un médium qui, grâce à Internet et les courriels, permet aujourd’hui un échange encore plus direct avec son auditoire.

«C’est formidable ; j’aime recevoir ces réactions immédiates du public. On peut vraiment parler d’un réel partage et d’un échange d’idées incroyable. C’est une véritable révolution que nous avons vécue et c’est la radio qui en profite, je crois ».

Paul Arcand n’est pas sur Twitter et n’a pas un blogue personnel.

«L’émission a une page Facebook et est sur Twitter. Je ne suis pas contre, mais pour moi, Internet et tous ces médias sociaux nouveau genre, je m’en sers comme outil de recherche et c’est extraordinaire pour un morning man comme moi».

Contenu, travail, passion: ce sont les mots qui reviennent le plus souvent lorsque Paul Arcand parle de son métier.

La dernière transaction de Cogeco qui a acheté Corus et qui se retrouve devant le CRTC plus tard cet automne, n’inquiète pas trop le morning man d’expérience.

«Ça se passe au-dessus de nos têtes et tant qu’on ne saura pas qui est vraiment le propriétaire de la station, quelle est sa vision des choses et comment il veut l’orienter, on ne peut pas faire grand chose. Il s’agit pour nous de faire notre job au quotidien. Ces longs processus de vente et de transition ne sont jamais agréables pour personne. T’as hâte que ce soit réglé, t’as hâte de savoir avec qui tu vas travailler. Mais nous n’avons pas le choix d’attendre. Notre priorité demeure ce qu’on a à faire tous les jours pour nos auditeurs.»

Dire non à Radio-Canada

Lorsqu’il a quitté CKAC, la Société d’État a flirté avec le morning man d’expérience. Regrette-t-il de ne pas avoir fait le saut ?

«Nous avions regardé quelques scénarios, effectivement. Mais je ne regrette rien. C’est sûr qu’il y a une différence de moyens; y’a pas une station privée au Canada qui a autant de moyens. Mais en même temps, je dois dire que j’ai une grande liberté et même si j’ai changé de propriétaire. Je crois que même à Radio- Canada, il y aurait eu des désavantages aussi, comme partout. Je suis vraiment heureux au 98,5 FM».

Pour ce qui est des politiciens et de la ministre Christine St-Pierre qui croit que les «médias ont un agenda», Paul Arcand répond: «Ça me fait bien rire. Je dis que lorsque, comme gouvernement, ton message ne passe pas comme tu voudrais, ça devient la faute des médias. J’ai vu ce genre de réactions avec tous les gouvernements. Ce n’est pas parce qu’à La Presse, le propriétaire est fédéraliste que la page éditoriale est fédéraliste et que ça dépeint sur les journalistes. Et ce n’est pas parce que Pierre-Karl Péladeau est nationaliste qu’automatiquement, ça va être facile pour le Parti Québécois. Je ne pense pas. Moi, j’ai jamais vu cela, pas plus à TVA» conclut le morning man d’expérience.

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