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La série Montréal-Québec - Le Tigre contre Carbo
© Julien Faugère
Michel Bergeron et Guy Carbonneau s'en promettent derrière le banc.

LA SÉRIE MONTRÉAL-QUÉBEC

Le Tigre contre Carbo

Michelle Coudé-Lord
Le Journal de Montréal
25-08-2009 | 06h44
Pour faire revivre la rivalité Montréal-Québec dans une télésérie de six matchs prévue pour l'hiver prochain, il fallait nécessairement de gros noms derrière le banc. Or, on peut dire que le duo composé de Julie Snyder et de Stéphane Laporte n'a pas compté dans son propre but en recrutant nul autre que Guy Carbonneau, l'ex-coach des Canadiens congédié en mars dernier et le Tigre des Nordiques, Michel Bergeron.

Hier, tant à Montréal qu'à Québec, les deux maires, Gérald Tremblay et Régis Labeaume, qui ont embarqué dans ce projet avec fougue, ont reçu les entraîneurs en compagnie de la productrice Julie Snyder et le concepteur de cette téléréalité, Stéphane Laporte. Tout ce beau monde souhaite mettre le Québec à l'envers en janvier prochain.

Les conférences de presse se sont déroulées dans les Hall des Hôtels de ville des deux villes respectives, montrant le sérieux du combat.

«Michel Bergeron me racontait que dans les plus belles années de la rivalité Canadiens-Nordiques, un de ses oncles, partisan du CH, ne lui parlait plus», a lancé la fière productrice qui a ce projet sur la table depuis 2007. Un projet mis sur la glace pour prioriser la grossesse de sa petite fille Romy, aujourd'hui âgée de dix mois.

Stéphane Laporte avouait «avoir eu des frissons» en étant assis hier entre ses deux idoles Michel Bergeron et Guy Carbonneau.

«Je me sens comme le petit gars qui réalise un rêve», dit-il.

Appel aux joueurs

Deux équipes de 14 joueurs chacune seront formées. Six filles pourront aussi participer à ce duel de six matchs. «Nous sommes en 2009 et les filles savent jouer au hockey autant que les gars. Les machos vont vouloir encore plus s'inscrire pour prouver à quel point ils sont meilleurs», lance en souriant la productrice.

Trois parties seront jouées à Montréal, on espère au Centre Bell, mais rien n'est réglé, et trois autres à Québec, encore là on souhaite les présenter au Colisée.

«Les gens ne doivent pas avoir joué semi-professionnel, ni avoir déjà été payés pour jouer au hockey. On cible les joueurs de ligues de garage, ceux qui jouent pour le fun et sont prêts à vivre une belle aventure», expliquent les producteurs.

Chaque équipe devra obligatoirement inclure un joueur de plus de 40 ans et un autre de plus de 50 ans, en plus des trois filles.

Le joueur le plus utile

À la fin de la série Montréal-Québec, le meilleur joueur de la série recevera 50 000 $. Les joueurs de l'équipe perdante recevront chacun 5 000 $ et ceux de l'équipe gagnante 10 000 $.

Les deux entraîneurs vedettes n'ont pas été difficiles à convaincre.

«Guy Carbonneau n'a pas besoin de cela pour vivre, tout comme Michel Bergeron, on en convient. D'ailleurs ils sont payés moins cher que les entraîneurs de la ligue nationale. Mais les deux hommes ont embarqué dans le projet avec la passion qu'on leur connaît. Ils ont tous les deux leur sport dans le sang», affirme Julie Snyder très fière de son recrutement.

Et elle ajoute «ce sera deux équipes de joueurs québécois, une série toute québécoise».

France Lauzière, la grande patronne de la programmation à TVA, promet plus de trois heures d'antenne par semaine, des matchs en direct, on annoncera bientôt ceux qui feront la description des parties.

«Pour nous c'est aussi gros qu'un Star Académie et on ne démarre pas une telle aventure pour qu'il n'y ait pas de continuité, donc on s'embarque peut-être pour quelques saisons. Nous verrons», confie-t-elle. Déjà hier, Michel Bergeron trouvait le maire de Montréal pas mal «baveux et arrogant».

«Je trouve qu'il parle de victoire un peu vite», conclut le Tigre qui n'a pas perdu ses griffes.

Pour s'inscrire, on peut le faire par Internet, sur le site tva.canoe.ca. La disponibilité des candidats doit être de neuf semaines à compter de janvier et trois jours pour un premier camp d'entraînement en décembre.

MICHEL BERGERON

À 63 ans, il a dû demander à son patron RDS pour pouvoir devenir entraîneur de l'équipe de Québec. Il est heureux de redevenir coach pour les gens de Québec. Michel Bergeron, dit le Tigre, n'a pas perdu de sa fougue. Il fallait le voir devenir rouge en entendant le maire de Montréal vanter la force de son équipe. Régis Labeaume et le Tigre, ça risque de faire tout un duo enflammé. En septembre prochain, le livre de Michel Bergeron est réédité. Il y ajoutera un chapitre. Il rêve du jour où Québec aura à nouveau son équipe dans la LNH.

Q Comment vivez-vous ce retour à Québec derrière le banc ?

R Je suis heureux pour les partisans de Québec qui ont eu tellement de peine quand l'aventure des Nordiques a pris fin.

Q Michel Bergeron entraîneur de trois filles dans l'équipe... pour certains ça ne se peut pas ?

R Faut bien évoluer et y'a des filles qui jouent pas mal fort. On va s'ajuster. Ce sera un beau défipour moi.

Q Et Carbo votre adversaire, qu'en pensez-vous ?

R Je le trouvais pas mal fatigant. Y m'énervait et on voulait gagner tous les deux. Le combat sera intense même si aujourd'hui j'ai appris à le connaître. Nous ne sommes pas de grands amis, mais on se respecte énormément. Donc je veux le battre. On joue pour gagner.

Q Auriez-vous fait différemmentvotre route dans le monde du hockey ?

R Le hockey c'est ma vie. Mais je réalise aujourd'hui que j'ai trop donné, j'ai négligé ma femme, mes enfants en ont souffert. Je ferais les choses différemment en pénalisant moins les miens.

Q Êtes-vous prêt à faire équipe avec le maire de Québec Régis Labeaume ?

R Absolument. Je trouve que le maire Tremblay clame sa victoire bien vite. On va lui répondre. Le maire Labeaume n'a pas la langue dans sa poche et moi aussi. Nous serons prêts.

GUY CARBONNEAU

Il est arrivé avec sa cravate chanceuse empruntée à l'homme d'affaires Herbert Black, qui l'a achetée pour 100 000 $. Il marchait à l'aide de béquilles, car il a été opéré récemment aux deux hanches par un spécialiste de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il a 49 ans, rêve toujours d'être entraîneur dans la LNH et sa nouvelle "boss" Julie Snyder sera prête à le dégager si cela arrivait durant la série Montréal-Québec. Il a dit oui parce qu'il aime "le hockey et les gens". Sa femme Lyne, présente, dit l'avoir encouragé à s'embarquer dans cette aventure. Il est grand-père de trois petits-enfants, dont des jumeaux d'un an.

Q Quels sont vos souvenirs de cette grande rivalité Montréal-Québec ?

R Des bons et des mauvais aussi surtout quand je pense au fameux Vendredi saint. Des fois ça allait trop loin. Mais tout y était, la petite ville contre la grosse ville, Molson contre O-Keefe, les Anglais contre les Français.

Q Que pensez-vous de Michel Bergeron, votre adversaire ?

R Notre confrontation date de nos années junior, moi à Chicoutimi, lui à Trois-Rivières. Nous étions très compétitifs les deux. Au fil des ans, nous avons appris à nous connaître. Je le respecte énormément, mais je vais le battre.

Q C'est quoi un bon joueur de hockey ?

R Un joueur qui a du coeur au ventre et bien sûr le talent.

Q Espérez-vous être appelé par la LNH ?

R C'est mon premier souhait et Julie le sait, mais ce projet m'emballe et va me garder contact avec les gens.