Accueil Divertissement
 
JDM
Guy Fournier | Chronique - Les grands gagnants
© Photo d'archives le Journal de Montréal
Jean Lamoureux, l'homme orchestre derrière les grands galas de Star Académie.

GUY FOURNIER | CHRONIQUE

Les grands gagnants

Guy Fournier - Collaboration spéciale
19-04-2009 | 04h00

Depuis que Joop van den Ende et John de Mol, deux Néerlandais devenus milliardaires, ont créé la société Endemol, les concepts de télé-réalité qui font fortune dans plus de 23 pays du monde ne se comptent plus.

Quant à moi, le concept que je préfère est celui de Star Académie, que Gestmusic (Endemol Espagne) a créé en 2001 de concert avec TF1, la grande chaîne de télévision française.

L’hiver de cette année-là, j’étais à Paris et je fus tout de suite séduit par cette première version qui couronna Jenifer. Depuis, elle collectionne les trophées et poursuit une carrière remarquable.

Le 12 janvier 2002, 11 875 000 Français regardèrent la finale de Star Academy (là-bas, on l’écrit à l’anglaise...), un auditoire qui n’a jamais été égalé depuis pour cette télé-réalité. Eh bien, ce n’est rien en regard du nombre de Québécois qui ont suivi, lundi soir, le dernier duel entre Carolanne et Maxime L.

Toutes proportions gardées, la France faisant huit fois et demie la population du Québec, notre finale aurait rejoint 22 millions de Français!

En France, Star Academy n’a pas été épargnée par les controverses. On a dit que le vote était truqué; on a montré les académiciens sous tellement de coutures que le CSA (l’équivalent français du CRTC) a forcé les producteurs à aménager une salle où les académiciens peuvent évoluer sans la présence des caméras; il est arrivé que des artistes invités chantent en playback plutôt que live; enfin des gagnants ont prétendu qu’on n’avait pas fait tous les efforts pour vendre leurs disques.

Comme au Québec, des artistes établis ont boudé le concours et continuent de le bouder.

FÊTE DE LA MUSIQUE

Chez nous, à l’exception de certains critiques et de quelques artistes pissevinaigre, tous reconnaissent désormais la valeur de notre série.

Comment décrier une pareille fête de la musique? Comment dénigrer une série qui a fait revivre les musiques de Stéphane Venne, de Beau Dommage et d’autres qui menaçaient de tomber dans l’oubli? Comment mépriser une série sans laquelle nous n’aurions peut-être jamais eu le bonheur d’entendre Wilfred LeBouthillier, Marie-Élaine Thibert, Marie-Mai, Annie Villeneuve ou Stéphanie Lapointe?

Comment, en cette période où les variétés se font rares à la télé, lever le nez sur des galas qui ont amené à Montréal, juste cette saison, des vedettes comme Céline Dion, Roger Hodgson (Supertramp), James Taylor, Simple Plan, Francis Cabrel, Michel Legrand, Patrick Bruel, Bryan Adams et d’autres encore?

Il y a encore plus important que tout ce qui précède. Cette cuvée 2009 a une fois de plus rassemblé le Québec de la Matapédia aux Hautes-Laurentides, de l’Outaouais à la Beauce en passant par Montréal et Québec. Elle a pour ainsi dire «internationalisé» nos musiques et nos meilleurs interprètes en les jumelant avec des vedettes internationales. Enfin, elle a permis à tous les jeunes Québécois qui ont du talent de rêver à une carrière sans limites.

Là-dessus, la généreuse présence de René Angelil, qui a sûrement bien d’autres cartes à jouer, aura exercé un rôle primordial. Quant aux sceptiques qui croient encore que les professeurs de l’Académie sont là pour la frime ou pour le «cash», j’espère qu’ils ont tous été confondus par la transformation remarquable qui s’est opérée chez plusieurs académiciens durant ces 10 semaines, notamment chez les deux finalistes.

Mais la grande gagnante de cette cuvée, c’est la télévision elle-même. Elle a montré une fois de plus la magie dont elle est capable quand on l’utilise avec intelligence et habileté.

haut