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Grand retour - Jean-Luc Mongrain a encore la flamme
© Le Journal de Montréal
Absent depuis dix mois, Jean-Luc Mongrain s’apprête à faire son retour à l’avant-scène.

GRAND RETOUR

Jean-Luc Mongrain a encore la flamme

Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
21-02-2009 | 04h00
Absent depuis dix mois, Jean-Luc Mongrain s’apprête à faire son retour à l’avant-scène. Animateur à LCN, blogueur sur Canoë et chroniqueur au Journal de Montréal, le journaliste deviendra rien de moins que la voix du public.

L’homme de 57 ans est radieux. Tout juste débarqué de Californie, il s’apprête à reprendre le flambeau, dans un style différent de celui qu’il avait adopté à TQS.

«Ça m’a fait du bien, dit-il au sujet de son temps d’arrêt. En fait, j’ai passé dans un sas qui me permet de laisser un style pour en prendre un autre. Je n’aurais pas pu partir de TQS le vendredi et arriver à LCN le lundi.»

Jean-Luc Mongrain admet s’être ennuyé de l’information.

«J’ai encore la flamme», souffle-t-il.

À LA BARRE DE MONGRAIN

Chaque matin de la semaine, de 10h à 11h30, il sera à la barre de Mongrain, sur les ondes de LCN.

À la différence de ce qu’il a pu faire auparavant, Jean-Luc Mongrain n’attendra pas que les journalistes lui proposent des sujets d’actualité; c’est plutôt lui qui s’abreuvera des sujets que lui fourniront les citoyens.

«Je serai la porte d’entrée du journalisme citoyen. Les gens vont s’adresser à Mongrain», répète l’animateur.

Jean-Luc Mongrain au sujet de...

LA CAISSE DE DÉPÔT

«La Caisse a trahi son mandat. Elle est là pour protéger le bas de laine des Québécois, comme un bon père de famille. Ils (les dirigeants) ne savaient même pas ce qu’ils achetaient!
C’est comme un bon père qui va à l’épicerie et qui ne sait pas quoi acheter pour faire grandir sa famille. Ça fait qu’il achète de la bière.
C’est dans la lignée de l’affaire Lacroix.»

LES CITOYENS QUI LUI FOURNIRONT DES SUJETS D’ACTUALITÉ

«La société est morcelée; on est prestataire de l’aide sociale, patient de l’hôpital, ou client de la Société de l’assurance-automobile. Il y a une distorsion entre les gens et les services qui leur sont offerts.»

L’ÉCOLE

«Ce ne sont pas les jeunes qui décrochent de l’école, c’est l’école qui décroche des jeunes. En plus, l’école n’est pas adaptée pour les garçons.
J’ai été enseignant de sciences religieuses et j’ai vécu cette distorsion entre le langage pédagogique et la réalité des jeunes.»

L’OBJECTIVITÉ JOURNALISTIQUE

«Je ne crois pas à l’objectivité. Les premiers reporters qu’on a eus, ce sont les évangélistes.
Le choix des mots, les silences en ondes, l’attitude, la façon de titrer; je ne crois pas à l’objectivité.»

SES 17 TROPHÉES MÉTROSTAR

«Quand tu gagnes 17 trophées, tu sais à quoi ça tient. Les gens te disent que tu poses la question qu’ils auraient aimé poser, que tu appelles un chat, un chat.
C’est ce que je vais continuer à faire.»

LA POSITION DE TORONTO FACE À MONTRÉAL

«Dans mon temps, on disait que la vraie capitale du Canada, c’était Montréal.
Aujourd’hui, c’est Toronto. L’exemple le plus frappant, c’est celui de l’aéroport. En revenant de Rome, j’ai fait Rome-Toronto, et Toronto-Montréal. Il n’y a plus de vols directs qui atterrissent à Montréal! À Toronto, ils ont des trains et des autobus qui relient les terminaux. Ici, on n’a rien de ça. Juste pour les valises, il y avait celles de trois vols sur le même carrousel. La dernière fois que j’ai vécu ça, c’était à Haïti.»
Les gens qui auront des sujets à lui proposer ou des histoires à lui raconter pourront le faire via une adresse électronique, mongrain@canoe.ca.

«Je vais donner une âme à une adresse», illustre-t-il en souriant. Avec son équipe éditoriale, il contactera les gens, vérifiera leurs histoires, et verra à en exposer les faits sur la place publique.

«J’ai toujours été le défenseur de la veuve et de l’orphelin et je n’ai pas l’intention d’arrêter.»

Jean-Luc Mongrain promet même de s’enflammer un peu plus que durant ses dernières années à TQS.

«Mon rôle ne sera pas le même; à TQS, j’animais un bulletin de nouvelles.

Là, je vais faire du commentaire, de l’opinion. Il y a des chances que je m’indigne un peu plus», confie-t-il.

Le journaliste tiendra parallèlement un blogue sur Canoë.

Une fois le projet télé bien en selle et les outils du Web bien maîtrisés, Jean- Luc Mongrain signera aussi une chronique d’opinion dans Le Journal de Montréal, deux fois par semaine.

«Pour moi, écrire, c’est comme sculpter des idées», dit celui qui a été propriétaire d’un hebdo à Sherbrooke (La Nouvelle) de 1982 à 1986, et copropriétaire du magazine Dernière Heure durant un peu plus de deux ans.

LE TRAITEMENT V.I.P.

Gagnant de 17 Métrostar, Jean-Luc Mongrain n’a rien perdu de son énergie et de sa vigueur à défendre les causes qui lui tiennent à coeur, dans le style purement Mongrain. «J’appelle ça le traitement V.I.P., dit-il. Pour Vérité, Implication, et Proximité. Je vais dans le feu, je mets des bottes, et je vis l’événement avec les gens», dit-il.

«Mon style, c’est dire ce que je pense, au risque de me tromper.

C’est de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

Et quand j’aborde un sujet, je le fais avec de l’ignorance.»


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