RADIOSous le signe du changementAgnès Gaudet Journal de Montréal 12-01-2009 | 09h42
Les nouveaux sondages radio PPM ont chamboulé la donne. Dès les premiers résultats rendus publics, surprise, la musique reprenait toutes ses lettres de noblesse. Depuis, c'est avec une loupe qu'on épluche et décortique la portée de chaque émission, à la minute près. «On s'est rendu compte que les Québécois veulent de la musique à la radio, indique AndréSt-Amand, le patron de Rythme FM (Cogeco), la station de style musical qui est sortie grande gagnante sur toute la ligne en 2008. Tout ce qui nous reste à faire à Rythme, c'est de maintenir notre position, d'amener notre staff à se surpasser. On est devenu officiellement l'ennemi à abattre.» À LIRE AUSSI
Le danger d'aller viteRythme FM a raison de s'inquiéter de sa domination. Le modèle de Rythme est en ce moment celui à imiter. Déjà les stations rivales montréalaises testent leur marché avec un apport en musique. À Énergie, on est revenu à une formule 100% musicale le midi, une décision qui a signé l'arrêt de mort de l'émission Salvail Racicot pour emporter, d'Éric Salvail qui a été muté le matin, laissant à sa coanimatrice le loisir d'animer Les 12 Coups de midi. À la station anglophone Mix 96, très écoutée des Québécois pour sa grosse portion musicale, on enfonce le clou en lançant aujourd'hui même son nouveau nom: Virgin Radio. D'autres changements sont à venir pour ajuster le tir. Les stations plus conservatrices de Toronto, Calgary et Vancouver, qui emboîteront le pas aux sondages PPM après Montréal, scrutent avec intérêt chaque geste posé à la radio montréalaise. "Le danger est d'agir trop vite, estime toutefois Charles Benoît, le patron d'Astral (Énergie, RockDétente, Mix 96). Il faut d'abord s'habituer à lire les nouvelles données et à comprendre les impacts des nouveaux sondages. L'année 2009 sera moins conservatrice, ajoute-t-il. La radio est cette année sur le banc d'essai. On va essayer des trucs." Emballage de gros nomsLes auditeurs aiment la musique, c'est un fait. Mais le Québec restera toujours une radio de personnalités, l'auditoire étant profondément attaché à ses animateurs. Les gros noms vont continuer de peupler les ondes. «Il faut répondre au goût du marché, mais surtout éviter de négliger l'emballage, estime le patron de Corus (CKOI, 98,5, CKAC), Mario Cecchini. À CKOI, par exemple, Charles Lafortune et Claudine Prévost - une encyclopédie musicale sur pattes -offrent des bulles musicales dans lesquelles tu peux te réfugier. Chacune de leurs interventions est pertinente, pas juste pour faire du remplissage. C'est un art qui fait que les auditeurs accrochent.» Évidemment, la radio parlée restera ce qu'elle est avec ses vedettes et son contenu. Au 98,5, on a aligné une solide équipe d'étoiles du matin au soir, avec les Paul Arcand, Isabelle Maréchal, Benoit Dutrizac et Paul Houde, pour maintenir la cadence imposée par les René Homier-Roy et Christiane Charette de la radio d'État. La différence, c'est que maintenant on peut savoir exactement qui est écouté ou non. «Enfin on a les outils pour le faire, affirme Mario Cecchini. On peut constater par exemple que les tempêtes - quand les gens sont pris dans leur voiture -et les campagnes électorales sont excellentes pour les cotes d'écoute, que la formation de la coalition à Ottawa a été la meilleure semaine au 98,5. On a hâte de voir si le Bye Bye aura suscité autant d'intérêt.»
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