VIRGINIE1500 fois sur le métierCaroline Roy Le Journal de Montréal 10-01-2009 | 04h00
Entrevue avec l’auteure la plus prolifique de la télévision québécoise alors qu’elle vient de signer cette semaine le 1500e épisode de son populaire téléroman. Peut-on parler de record? Une chose est certaine, au Québec, jamais un auteur unique n’a écrit autant d’épisodes d’un même téléroman. Malgré toutes les scènes écrites, Fabienne Larouche est encore loin de manquer d’inspiration. Même qu’à l’entendre parler, on peut facilement croire qu’elle se rendra à 3000 épisodes de Virginie.
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UNE MISSIONInspirée, oui, elle l’est. Elle s’est même donné une nouvelle mission avec Virginie: celle de revaloriser la profession d’enseignant auprès de la population. Elle travaille, entre autres, sur un projet en collaboration avec le ministère de l’Éducation. Quand elle parle des professeurs, ou des maîtres comme elle les appelle, Fabienne Larouche a les larmes aux yeux tellement elle les admire. Aimer autant les professeurs, soit ses personnages principaux, nous donne un bon indice de la recette qui fait le succès de Virginie. «C’est ma mission depuis les débuts de Virginie. Je suis très pro-prof. Je trouve que c’est une belle profession», dit celle qui a déjà enseigné pendant cinq ans au secondaire. «Les gens parlent des enseignants comme s’ils faisaient n’importe quoi, enchaîne-telle. Ça m’attriste et ça m’interpelle. Chaque citoyen québécois devrait être interpellé. Quand tu réussis par ton charisme et ton talent à rejoindre une trentaine d’élèves, tu es vraiment quelqu’un de bien.»
UN PETIT MIRACLEVirginie, c’est aussi un petit miracle: il en coûte 90 000$ pour produire un épisode de trente minutes. Une aubaine alors que la moyenne tourne plutôt autour de 200 000$. N’empêche que Fabienne Larouche trouve que les conditions de tournage ont bien changé depuis 13 ans. «Aujourd’hui, il y a du montage, des caméras à l’épaule et il y a aussi de la musique faite par Dazmo. On ne peut pas juger Virginie en ne regardant l’émission que quelques minutes. Il faut la regarder pendant un mois pour voir vraiment ce que c’est», explique l’auteure, qui est fière d’y aborder plusieurs enjeux sociaux. «Virginie traite de la pauvreté, de la misère, du racisme, du sexisme, de l’homosexualité. Oui, on parle de l’école, mais aussi de plusieurs autres enjeux», soutient-elle. Cet automne, Virginie a enregistré des cotes d’écoute de plus de 650 000 téléspectateurs, soir après soir. «Contre des émissions comme Les Auditions de Star Académie ou Occupation double à TVA», précise-t-elle. Seule Fabienne Larouche peut réaliser un tel exploit.
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