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SKY REAL LIVES

Les images d'un suicide assisté sur petit écran

10-12-2008 | 17h26

La chaîne britannique Sky Real Lives comptait diffuser mercredi des images du suicide assisté d'un Américain dans une clinique suisse, dans un documentaire canadien qui suscite les protestations des opposants à l'euthanasie.

Souffrant d'une maladie cérébrale dégénérative, Craig Ewert, 59 ans, est mort en 2006 dans une clinique de Zurich dirigée par l'organisation Dignitas, avec son épouse Mary à ses côtés. Le suicide assisté est légal en Suisse dans des circonstances très précises et il existe plusieurs organisations dans ce pays qui assistent les candidats à l'euthanasie.

Craig Ewert vivait en Grande-Bretagne, où le suicide assisté est interdit.

Sky Real Lives estime que le documentaire tourné par le réalisateur oscarisé canadien John Zaritsky apporte un «éclairage informatif, éducatif et intelligent» sur cette question.

Le documentaire a été présenté dans plusieurs festivals dans le monde entier et a été diffusé au Canada l'an dernier sur les ondes de CTV. Mais il suscite la polémique en Grande-Bretagne, où les documentaires sur le sujet se sont abstenus de montrer le moment même de la mort. Initialement intitulé Le Touriste du suicide, le film a été rebaptisé Un droit à la mort? pour sa diffusion en Grande-Bretagne.

Interpellé sur le sujet à la Chambre des communes, le premier ministre britannique Gordon Brown a rappelé mercredi qu'il était «très important que ces problèmes soient traités avec sensibilité». «J'espère que les diffuseurs se souviennent de leur plus large responsabilité vis-à-vis du public», a-t-il dit.

Mais Peter Saunders, de l'association anti-euthanasie «Care Not Killing« (le soin, pas le meurtre), a dénoncé «une tentative cynique pour faire grimper l'audience».

Le député Phil Willis, qui représente la ville natale d'Ewert, Harrogate, dans le nord de l'Angleterre, accuse le film de faire la promotion du suicide assisté et juge que le choix privé de Craig Ewert et sa famille «ne devrait pas être le sujet d'un film public accessible à tous».