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ÉLECTIONS

La politique passionne les téléspectateurs

Caroline Roy
Journal de Montréal
08-12-2008 | 10h16
Les téléspectateurs sont-ils désintéréssés de la politique? Loin de là, répondent TVA et Radio-Canada, qui s'attendent à rassembler plusieurs fidèles à leur rendez-vous électoral ce soir.

Gros automne politique pour les télévisions québécoises. Après une soirée électorale fédérale à la mi-octobre, voilà que les chefs d'antenne Pierre Bruneau et Bernard Derome remettent ça ce soir à leur antenne respective.

Auront-ils de la difficulté à attirer les téléspectateurs? Pas du tout. Cotes d'écoute à l'appui, les télédiffuseurs soutiennent que les gens apprécient la politique à la télé. Surtout les crises et les élections remplies de suspense.

«Les gens chialent contre la politique, mais ils aiment ça. C'est comme un sport pour eux. Et lors d'un soir d'élections, ils veulent savoir ce qui se passe», dit Sylvain Chamberland, producteur exécutif de la soirée électorale à TVA. Alain Saulnier, directeur de l'information à Radio-Canada, tient le même discours. «Il y a un intérêt réel. Parmi nos sports nationaux, il y a le hockey, mais il y a aussi la politique», dit-il.

À Radio-Canada, Bernard Derome, Michel C. Auger et les analystes du Club des ex commenteront la soirée en direct du Centre d'information à Montréal. «Les analyses sont importantes, mais on prévoit passer moins de temps en studio et consacrer plus de temps d'antenne avec nos journalistes sur le terrain», explique M. Saulnier.

Consolider les forces

Du côté de TVA, on se dit plutôt en mode consolidation des points forts des soirées électorales du réseau. «Aux dernières élections fédérales, on a ajouté le duo Jean-Marc Léger et Sophie Thibault pour analyser les résultats. On va exploiter cette nouveauté autant que possible», résume

M. Chamberland. Si les deux réseaux pensent bien que Jean Charest va être élu majoritaire, ils demeurent tout même prudents. D'autant plus que plusieurs comtés sont chauds, alors l'imprévu risque d'animer beau-coup la soirée.

«On vise la précision de l'information et on essaye d'être efficaces pour sortir les résultats. Mais la vitesse, on s'en méfie», indique M. Chamberland, qui rappelle que CNN avait annoncé à tort, en 2000, qu'Al Gore était élu président des États-Unis.

«Depuis ce temps-là, les réseaux de télé se sont calmés», ajoute-t-il. Par mi les luttes serrées, la SRC et TVA surveilleront de près le comté de Mercier, où s'affrontent le péquiste Daniel Turp et Amir Khadir, de Québec solidaire.

La dernière de Bernard Derome

Le chef d'antenne Bernard Derome animera la dernière soirée d'élections de sa carrière à Radio-Canada.

Après son 24e scrutin, M. Derome tirera-t-il sa révérence? «Vraisemblablement oui», répond Alain Saulnier, directeur de l'information de Radio-Canada.

C'est pourquoi la société d'État tient particulièrement à réussir sa soirée électorale. «On veut lui rendre hommage ce soir. C'est M. Élections ici, il mérite les honneurs. On va travailler très fort pour lui», dit M. Saulnier.

En fait, la SRC souhaite aussi faire oublier «le faux pas» de la soirée électorale d'avril 2007 lorsque Ber nard Derome avait déclaré Jean Charest défait dans son comté de Sherbrooke.

«On souhaite que cette soirée se déroule à l'avantage de M. Derome. Le faux pas sur M. Charest, il en a porté la responsabilité plus que nécessaire. Ce n'est pas à lui d'assumer tout ça», dit M. Saulnier.

L'après-Derome

Pour l'instant, la direction dit ignorer qui remplacera M. Derome lors des prochains scrutins et à quoi ressembleront les soirées électorales sans lui.

«Bernard Derome a marqué la façon d'animer les soirées électorales chez nous. Mais qu'est-ce que l'on fait après lui? Est-ce qu'il y aura plus d'un animateur? On va se donner le temps et le droit d'y réfléchir», explique M. Saulnier, qui a déjà mandaté quelques personnes à cette tâche.

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