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Saison 2004 |
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HISTOIRES DE FILLES
Une fin en forme d'onde de choc
Caroline Roy
Le Journal de Montréal
22-11-2008 | 04h00
Avec un accident au café, où la bande d’amis se
rejoint depuis les débuts, la série
Histoires de filles se
termine par une onde de choc qui secouera tous les
principaux personnages. Après dix ans au petit
écran, Roch, Marie-Jo, Gerry et compagnie
diront ainsi adieu aux téléspectateurs mardi.
Pour en discuter, entrevue avec l’un des auteurs de
la sitcom, René Brisebois.
Un chauffeur qui perd la maîtrise
de sa voiture viendra démolir le
café de Judith. Pourquoi conclure
ainsi la série?
Sérieusement, on ne voulait pas finir
par un feu qui aurait détruit tout le
café. Il y a une partie du café qui part,
mais on ne voulait pas le démolir au
complet. C’est notre métaphore pour
traduire les ruptures dans la vie.
La petite histoire d'Histoires de filles
- De 1999 à 2008, Histoires de
filles a rejoint une moyenne
de 1 300 000 téléspectateurs.
- Cet automne, quelque
870 000 téléspectateurs en
moyenne ont regardé les derniers
épisodes de la sitcom.
- Près de 200 épisodes ont
été tournés.
- Ce qui équivaut à plus de
800 heures de tournage.
- Et à plus de 1500 heures de
répétition.
- Le dernier épisode, que
vous verrez mardi, a été tourné
le 11 février dernier.
- Les sept comédiens qui ont
joué dans les derniers épisodes
sont Nathalie Mallette,
Marie-Chantal Perron, Catherine
Lachance et Pascale
Montpetit, Guy Jodoin, Laurent
Paquin et Michel Laperrière.
- Au fil des ans, Yves Pelletier,
Roc Lafortune, Guylaine
Tremblay, Mario Jean et
Marie-Lise Pilote ont aussi
joué dans la série.
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Il semble aussi que Judith (Catherine
Lachance) ne soit pas assurée.
Elle perdra donc tout dans l’accident?
Judith a oublié de renouveler son
assurance. C’est un oubli postal. C’est
anodin, mais ça peut arriver à tout le
monde.
Quels personnages apparaîtront
dans le dernier épisode?
Les quatre filles et les trois gars qui
sont restés jusqu’à la fin. C’est-à-dire
les comédiennes Nathalie Mallette,
Marie-Chantal Perron, Catherine
Lachance et Pascale Montpetit, puis
Guy Jodoin, Laurent Paquin et Michel
Laperrière.
Est-ce que tout le monde s’en tire
sans blessures après l’accident?
Il faut regarder l’émission pour le
savoir… (En vérité, l’accident ne fait
aucun blessé).
Comment les personnages vontils
réagir à la perte du café, leur lieu
privilégié de rencontre depuis le
début de la série?
Quand on avance dans la vie, on est
confronté à différentes difficultés. On
doit alors faire des choix. Souvent, on
se rend compte que l’on dormait au
gaz avant ça. On est branleux. Les
sept personnages d’Histoires de filles
vont être confrontés à leur propre réalité.
Auront-ils une énorme
révélation?
Ce n’est pas une grosse tragédie, mais
cet accident fait prendre conscience à
tous de l’importance de vivre pleinement.
Quand on affronte des événements
troublants, on se rend compte
que la vie est courte. Les personnages
d’Histoires de filles stagnaient dans
leur quotidien depuis quelques
années. Il leur fallait une onde de
choc. Je ne voyais pas une autre fin
que celle-là. C’est ouvert, la série va
renaître sous une autre forme dans la
tête des téléspectateurs.
Comment expliquez-vous que la
série ait duré dix ans? C’est maintenant
rare à la télévision québécoise.
Les téléspectateurs se sont approprié
les personnages, qui sont toujours
sympathiques et pas méchants du
tout. Ils sont hyper-attachants. Le casting
des comédiens était idéal. Je crois
aussi qu’Histoires de filles est un
divertissement familial, qui rejoint à
la fois les enfants, les ados et leurs
parents à une heure de grande écoute
le mardi soir.
Est-ce que l’écriture de la sitcom
a beaucoup changé depuis dix ans?
Oui, surtout parce que les tournages
se font de plus en plus dans des lieux
clos. Il y a moins d’argent pour les
productions, alors il y a moins de
décors élaborés. Ça restreint l’écriture
un peu. Pour un auteur, c’est frustrant.
Mais on s’adapte au changement.
Histoires de filles est une sitcom
très classique, c’est-à-dire enregistrée
en studio et devant un public. Il n’y a
jamais eu plus que trois ou quatre
décors.
- L’auteur René Brisebois a participé
à l’écriture du premier et du dernier
épisode d’Histoires de filles. Il travaille
maintenant sur Taxi 0-22 et Les Boys.
- Le dernier épisode d’Histoires de
filles, mardi, à TVA, diffusé exceptionnellement
à 19h30 en raison du
débat des chefs.
Dix ans dans le Top 10
Après dix ans à l’antenne de
TVA, quel est le secret de la
longévité de la sitcom Histoires
de filles?
«Quand Louis Saia a lancé
cette série, il ne croyait jamais
que ça allait durer dix ans»,
convient le producteur d’Histoires
de filles, Jacques Payette.
Aujourd’hui, à la télé québécoise,
il est de plus en plus rare
de voir une émission rester dix
ans en ondes.
«Je crois que la recette de
notre succès est de ne jamais
avoir changé de case horaire.
Histoires de filles est toujours
demeurée le mardi soir vers
20 h. En ce sens-là, je remercie
la sagesse de TVA de nous
avoir toujours donné cette soirée.
Ça a créé une habitude
d’écoute très forte», estime
M. Payette.
«Cette assiduité des cotes
d’écoute a permis à la série de
se maintenir toujours dans le
top 10 des émissions les plus
regardées. Histoires de filles a
réuni plus d’un million de téléspectateurs
en moyenne
depuis ses débuts.»
SANS PRÉTENTION
Le deuxième ingrédient du
succès tient aussi aux personnages,
selon Jacques Payette.
«Ce sont des personnages près
des téléspectateurs, près de
leur quotidien et sans prétention», explique-t-il.
«Pour les comédiens, c’était
aussi un exercice de théâtre,
enchaîne le producteur. Histoires
de filles était tournée
devant un public. Il y avait
donc un compromis entre la
télévision et le théâtre.»
À L’ÉTRANGER?
Pour l’instant, le producteur
indique qu’il n’est nullement
question d’une suite à Histoires
de filles dans quelques années.
Est-ce que la série pourrait
être vendue et connaître une
seconde vie à l’étranger?
«Le concept pourrait se
vendre dans un autre pays,
mais la série originale est une
production très locale. Et
vendre un concept, ce n’est
jamais évident», dit M.
Payette.
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