RADIO-CANADAPlus ça change, plus c'est pareilMarie-France-Lou Lemay Journal de Montréal 11-06-2008 | 09h20
Les deux dames de l'information ont quitté Radio-Canada en 1997 lors d'une vague de départs à la retraite anticipés. La journaliste Francine Bastien faisait aussi partie du lot. Par courriel Quelques années plus tard, les émissions animées par Denise Bombardier, Mémoires d'enfance et Conversations, avaient été annulées. L'animatrice en avait alors été avertie par courriel. Après avoir vécu cette période de nombreux changements, les deux femmes compatissent avec Pascale Nadeau et Dominique Poirier. La première a appris vendredi qu'elle n'animera plus le Téléjournal en septembre, tandis que la deuxième a su que son émission d'affaires publiques à RDI allait disparaître. Depuis, Pascale Nadeau n'a fait aucune déclaration publique, alors que Dominique Poirier a dit lundi dans le Journal qu'il y avait des «propositions sur la table». Inquiétant «J'ai beaucoup d'empathie pour elles», dit Suzanne Laberge, qui reste toutefois prudente dans ses commentaires. «Tant que je ne sais pas quelle offre on leur a faite, je ne veux rien dire. Mais ce sont des moments critiques dans une carrière. Tout le monde passe par là, nous sommes des produits audiovisuels», poursuit- elle. Suzanne Laberge a animé le Téléjournal et l'ancienne émission Aujourd'hui dimanche. «Je ne peux pas me prononcer parce que je ne sais pas ce qui va se passer, mais c'est inquiétant. J'ai des raisons de m'inquiéter étant donné mon expérience», explique de son côté Madeleine Poulin, qui a animé l'émission quotidienne Le Point avant de se faire offrir Le Point médias, diffusé le vendredi soir. Elle a aussi été correspondante à Paris et à Ottawa. Malgré l'expérience et la reconnaissance acquises avec les années, pas facile d'être «one of the boys», comme dit Madeleine Poulin. Cette dernière a animé des forums de la commission Bouchard-Taylor cet automne. «Une certaine misogynie» «C'est difficile et je pense que ça continue à l'être, dit-elle. La majorité des postes de direction sont occupés par des hommes, il y a une certaine misogynie. On peut vivre assez bien avec cette situation-là, mais au bout d'un certain temps, on peut y trouver une certaine fatigue.» «Disons que ce n'est pas plus facile pour les femmes», laisse tomber Suzanne Laberge, qui animait cette année une émission, La Belle Vie, sur les ondes de Radio-Canada Estrie. Si l'atmosphère de travail avait été meilleure, Madeleine Poulin dit qu'elle serait restée dans la grande tour. Elle comptait 30 années d'expérience à Radio- Canada. «On m'offrait la possibilité de partir et moi, j'ai sauté sur l'occasion. Mais si l'ambiance avait été plus positive et plus agréable, je serais restée», dit l'animatrice, qui était dans la cinquantaine à l'époque. «Je n'avais pas l'âge de la retraite.» Le directeur des communications de Radio- Canada, Marc Pichette, indique que des annonces seront faites demain concernant l'avenir de Dominique Poirier et de Pascale Nadeau. Il répète qu'elles se sont fait offrir des projets «extrêmement intéressants». En attendant, les deux animatrices poursuivent leur réflexion. |