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RAPPORT

Le CRTC coupe la poire en deux

Caroline Roy
Le Journal de Montréal
06-06-2008 | 09h29
Le CRTC recommande de diviser en deux le financement du Fonds canadien de télévision. L'un des fonds servirait à la télé publique de Radio-Canada et l'autre à la télé privée telle TVA.

Le CRTC a remis son rapport hier à la ministre Josée Verner du Patrimoine canadien, qui aura la lourde responsabilité d'adopter ou non les recommandations du CRTC.

La ministre a fait savoir qu'elle prendrait le temps d'étudier le rapport avant de le commenter. Mais déjà, les recommandations du CRTC ne semblent pas plaire à tout le milieu télévisuel québécois.

«Nous sommes extrêmement déçus», dit d'emblée Robert Pilon, directeur général à la planification stratégique des services français de la SRC.

Du côté de l'Union des artistes et de l'Association des producteurs de film et de télévision du Québec, on n'a jamais voulu que le Fonds canadien de télévision (FCT) soit divisé en deux.

«On croit que ça privilégie un télédiffuseur privé», explique Anne-Marie Desroches, porte-parole de l'Union des artistes.

On se rappelle que toute cette histoire a commencé en 2007 quand Quebecor et Shaw Communications ont subitement décidé de suspendre leur contribution au FCT.

Ces entreprises se disaient mécontentes de la gestion du FCT, entre autres, parce que plus du tiers de son budget de 250 millions de dollars était consacré à Radio-Canada/ CBC. Quebecor proposait alors de créer son propre fonds et d'y injecter 109 millions en trois ans pour les productions du Groupe TVA.

Après avoir entendu en février dernier toutes les parties intéressées par cette affaire, le CRTC estime aujourd'hui que le FCT pourrait avoir un volet privé, financé par les entreprises de câble et de satellite.

Les sommes seraient octroyées aux télédif fuseurs privés uniquement, selon le marché et le succès d'écoute de leurs émissions.

L'autre volet serait financé par le ministère du Patrimoine canadien. Radio-Canada, Télé-Québec et les télés sans but lucratif yauraientaccès.

À l'heure actuelle, le FCT reçoit deux sources de financement, soit 120 M$ du gouvernement fédéral et 150 M$ des entreprises privées du câble et satellite. «Les 120 millions du fédéral sont insuffisants pour nous», dit M. Pilon.

Le conseiller du CRTC Michel Morin a aussi déposé une opinion minoritaire. Selon lui, la volonté de Quebecor Media de créer son propre fonds est une bonne idée, qui aurait dû être retenue par le CRTC.

«Ce qui, à mon avis, aurait pu stimuler davantage le système canadien est maintenant reporté aux calendes grecques», écrit M. Morin.

Il qualifie aussi TVA «d'élève exemplaire du système canadien de radiodiffusion», car elle consacre plus de 90 % de son budget de programmation au contenu canadien.

Si les recommandations du CRTC étaient adoptées, TVA bonifierait son enveloppe du FCT de 27 % à 59 %. Quebecor n'a pas réagi hier aux recommandations du CRTC.

Pour l'année 2008-2009, le Fonds canadien de télévision est doté d'une enveloppe de 275 millions de dollars.

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