LES BOUGON ADAPTÉE EN FRANCESurtout pas une version adouciePascale Lévesque Le Journal de Montréal 03-04-2008 | 12h17
C'est au bout du fil, lorsqu'il se trouve aux États-Unis pour la promotion de son dernier film, La Vérité ou presque, que Sam Karman nous accorde un entretien sur son travail sur Les Bougon. Alors que nous nous trouvons à Paris pour le week-end. Ironie du sort, quand même! Acteur dans Le Goût des autres et Monsieur Batignole, il a aussi coécrit et réalisé les films Kennedy et Moi et La Vérité ou presque. Si une pointure comme Sam Karman a accepté d'adapter Les Bougon, c'est d'abord parce qu'il était curieux d'en apprendre plus sur la télévision. Du talent et du travail «Je connaissais la télévision comme acteur, mais le côté production m'échappait. Et si je compare le milieu du cinéma à celui de la télé, je m'aperçois qu'à talent égal, réussir un film est beaucoup plus une affaire de moyens, alors qu'à la télé, c'est une affaire de travail. Et Les Bougon québécois en sont un bon exemple», explique Sam Karman. L'insolence et la drôlerie des Bougon l'ont convaincu de faire le saut au petit écran. «J'étais content de voir que chez vous, c'est la télévision nationale qui a diffusé cette série. C'est un plus pour la démocratie», croit-il. Sa seule condition, et il a bien averti la production, la boîte GMT (une filiale du Groupe Lagardère) et le diffuseur M6: «Adaptation, oui, mais si c'est pour en faire une version rose, non merci!» Bonne base, adaptation facile Alors que vendredi dernier tout le monde apprenait dans Le Journal de Montréal ce que François Avard, Jean-François Mercier et Fabienne Larouche pensaient du pilote de 16 minutes des Bougon français, le public a pu se faire sa propre idée en en voyant un extrait dimanche soir à Tout le monde en parle. «Je suis absolument confiant», dit le sript-éditeur et réalisateur, convaincu que Les Bougon plairont aux téléspectateurs de M6. «Quand c'est bon et bien au départ, c'est beaucoup plus facile à adapter. Ce que François Avard et Jean-François Mercier ont créé, c'est franchement très drôle, décapant et, surtout, assez nouveau», raconte Sam Karman, qui, en visionnant deux saisons complètes de la série faite ici, n'a pas eu de mal à trouver des équivalences entre la société québécoise et la française pour adapter les scénarios des trois années de nos Bougon. Sociétés comparables «Nous sommes dans un organigramme social comparable», ajoute-t-il en faisant référence au bureau de l'emploi et du chômage dont traite le tout premier épisode refait à la française. Et c'est justement parce que la série était tellement bonne que Sam Karman a préféré faire appel à des acteurs peu connus, mais très bons, pour reprendre les rôles joués par Rémy Girard, Louison Danis et Antoine Bertrand. «Malgré tout le talent de vos acteurs, à part Rémy Girard, le reste du casting était peu connu du grand public aux débuts des Bougon chez vous. J'ai trouvé l'idée formidable, et pour moi aussi, c'était important que la vedette, au fond, ce soit la série», dit-il en expliquant le pourquoi de sa démarche. Sam Karman espère pouvoir avoir le OK de M6 pour un tournage en studio cet automne dans des décors qui imiteront l'appartement qui servait de lieu de tournage aux premiers essais. «Un lieu qui pourrait être n'importe où en France, dans n'importe quel appartement de n'importe quelle petite ville. Un endroit que tous peuvent reconnaître», précise Sam Karman. Le réalisateur n'est jamais venu au Québec pour son travail, mais espère bien qu'on l'invite un jour pour présenter un de ses films ou, pourquoi pas? pour venir nous parler en personne de ses Bougon français. Qui sait ? |