FÉLIX LECLERCL'avocat de la SRC plaidera mardiCaroline Roy Le Journal de Montréal 20-03-2008 | 12h36
Trop occupé ailleurs, l'avocat de Radio-Canada a avoué hier qu'il n'était pas prêt à rendre sa plaidoirie finale avant mardi dans le procès sur la série Félix Leclerc. Le juge Richard Wagner et l'avocat de la poursuite, Me Jacques Jeansonne, voulaient pourtant que les plaidoiries aient lieu aujourd'hui. «Le tribunal est déçu de la situation. Il y a des enjeux importants en cours de part et d'autre. On aurait pu disposer de ce dossier avant le congé pascal», a dit le juge d'un air embêté. Les deux parties se sont présentées en cour hier matin pour indiquer que toute la preuve a été déposée dans ce procès qui oppose les producteurs de Félix Leclerc, Marie-José Raymond et Claude Fournier, à la SRC et son directeur des programmes, Mario Clément. Une fois la preuve close, les avocats et le juge se sont relancés afin de déterminer la date des plaidoiries. L'avocat de Radio-Canada, Me Guy Pratte, voulait à tout prix qu'elles soient reportées à mardi prochain, tel que prévu à l'origine. Rappelons qu'au départ, le procès devait durer 18 jours. Selon cet horaire, les plaidoiries étaient fixées au 25 mars. «Je ne pensais pas que le procès allait débouler aussi vite. Je suis grandement pris par surprise. J'ai un autre dossier que tout le monde connaît et qui m'oppresse», a expliqué Me Pratte. En ce moment, l'avocat défend aussi Brian Mulroney en ce qui concerne les allégations de Karlheinz Schreiber. «Je n'ai pas eu le temps de revoir toute la preuve dans ce procès-ci. Depuis le début, je me suis organisé pour que l'on plaide cette affaire le 25 mars», a dit Me Pratte, pris sept jours sur sept. Perplexe Ces propos ont laissé le juge perplexe. D'après lui, les avocats devaient être entièrement disponibles durant toute la durée du procès. «Ce dossier met en jeu des intérêts élevés et des questions de droit inédites. C'est aussi une épée de Damoclès qui pèse au-dessus des deux parties. Il n'y a rien de frivole ou de farfelu là-dedans. On ne peut pas décider de l'horaire comme ça», a affirmé le juge. Malgré tout, le magistrat a accepté d'entendre les plaidoiries mardi. «J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les plaideurs. Je vais donner le bénéfice de l'imbroglio sur les dates à Me Pratte», a-t-il tranché. CHRONOLOGIEJOUR 1 - La cour prend acte des dommages de 3,5 M$ réclamés à Radio-Canada et son directeur des programmes, Mario Clément. JOUR 2 - Marie-José Raymond révèle que les gens du milieu télévisuel ne veulent plus être associés à elle et son conjoint depuis la sortie de M. Clément. JOUR 3 - On apprend que dès juillet 2001, la SRC avait des réticences sur le scénario et le choix de l'acteur principal, Daniel Lavoie. JOUR 4 - Mme Raymond soutient qu'elle n'était pas au courant des inquiétudes de la SRC: «En aucun cas, Radio-Canada n'était présente aux répétitions, c'était pourtant facile de venir voir les costumes, les perruques avant le début du tournage.» JOUR 5 - La poursuite est haussée à 4,3 M$. Le réalisateur Claude Fournier souligne que les critiques de M. Clément contre sa série ont mis fin à sa carrière. JOUR 6 - «J'ai vu la transformation totale de deux personnes abattues, assommées, j'ai vu des gens déprimés, alors qu'ils étaient des créatures pleines de vie», dit Lucien Bouchard pour défendre ses amis Mme Raymond et M. Fournier. - «C'est Félix qui a mangé la claque dans toute cette histoire-là, même s'il est mort. L'atteinte à la réputation est beaucoup plus par rapport à mon père», dit Francis Leclerc. JOUR 7 - «Claude Fournier a eu un rôle important dans l'histoire de notre cinéma. Depuis quarante ans, il consacre sa vie au cinéma québécois», dit Denys Arcand. JOUR 8 - «Après avoir visionné les cassettes de la série, je croyais préférable que le public fasse son jugement lui-même», dit Marie-Josée Leblanc, ex-directrice des relations publiques à la SRC, pour expliquer l'absence de lancement de presse. JOUR 9 - Pour la défense, l'expert-comptable Gilles Bussière vient critiquer la méthode pour calculer les pertes de revenus de 1,5 M$ réclamées par les producteurs. JOUR 10 - L'ex-grand patron de Radio-Canada, Robert Rabinovitch, soutient qu'il n'était pas surpris, en mars 2005, des propos tenus par M. Clément. JOUR 11 - Mario Clément réitère ses critiques sur la série: «Ça reflète exactement ce que je pensais et ce que je pense encore aujourd'hui.» |