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René, Le destin d'un chef - Un devoir d'histoire à regarder
Le Journal
Lucie Laurier et Emmanuel Bilodeau

RENÉ, LE DESTIN D'UN CHEF

Un devoir d'histoire à regarder

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
14-03-2008 | 13h42
À l'instar de la carrière politique de l'homme, le parcours de René Lévesque à la télé aura été long et parsemé d'embûches avant d'arriver à une diffusion. La suite de la mini-série sur la vie du politicien, couvrant les années 1976 à 1985, sera finalement diffusée dès le 25 mars à Radio-Canada.

La menace d'élections écartée, la suite de René, le destin d'un chef n'a pas eu à subir le même sort que la première partie de l'histoire, dont la diffusion aura été retardée jusqu'en septembre 2006.

Une bonne chose pour cette production de qualité du tandem Claudio Lucas et Emanuelle Pré-Daigle de Télé-Action, dont la réalisation a été signée cette fois par Pierre Houle.

Mais il aura fallu que le duo et Radio-Canada militent fort pour que CBC accepte de poursuivre ce projet conjoint des pendants anglophone et francophone de la société d'État. «Le projet a été initié en 1993 par CBC, qui au départ a convaincu la SRC de s'impliquer. Cette fois-ci, c'est Radio-Canada qui a insisté pour qu'on tourne la suite de la série», a expliqué Claudio Lucas lors du visionnement de presse des deux premiers épisodes de sa série hier.

Rien à voir avec les convictions souverainistes du sujet, ni du discours avancé par son personnage dans la série. Le producteur accuse plutôt le changement de garde à la tête de la CBC qui s'est fait entre les deux productions. «Et ces gens en haut, René Lévesque, ça ne leur dit rien», avance-t-il. À son avis, sa mini-série n'est pas la seule du temps de l'ancienne direction à avoir souffert du désintérêt des nouveaux arrivants.

Cela dit, Claudio Lucas insiste pour dire qu'il s'agit sans doute de sa dernière série historique. «Les diffuseurs n'en veulent plus, ça coûte trop cher», dit-il. Tournée à la fois en anglais et en français, la mini-série a nécessité un budget total de 6,5 millions de dollars pour quatre épisodes dans chacune des deux langues.

Pour Emmanuel Bilodeau

Aussi bien en profiter pendant que ça passe. D'autant plus que les quatre épisodes de René, le destin d'un chef tournés en 2007 valent le détour. D'abord pour l'interprétation qu'Emmanuel Bilodeau fait du chef charismatique qui a connu entre 1976 et 1985 une montée foudroyante et une descente aux enfers tout autant prenante.

Ces quatre épisodes nous montrent le parcours de l'homme politique de la victoire du Parti québécois en 1976 jusqu'à sa démission en 1985, en passant bien sûr par sa défaite au référendum de 1980.

Ils valent aussi le détour pour le dynamisme de sa réalisation, beaucoup plus actuelle que la première partie de la mini-série. C'est que Pierre Houle a pris la place de Giles Walker à la réalisation. Claudio Lucas avait d'ailleurs écarté ce dernier du projet après qu'il lui eut livré un premier montage de la première partie de la série tournée en 2004-2005. Ce qui fait d'ailleurs l'objet d'un litige opposant le producteur et la Guilde canadienne des réalisateurs.

«C'est encore en conflit et ça passera en cour», précise le producteur.

Plus dynamique

N'empêche, Pierre Houle a vraiment su trouver le ton pour raconter l'histoire de René Lévesque. Précis, rythmé et dynamique, son travail pourrait même rallier les plus jeunes pour l'écoute de la série dont le thème ne pour rait qu'intéresser les nostalgiques de cette époque.

«J'ai eu le bonheur d'avoir à travailler cette période plus dramatique de la vie de Lévesque. Si ça peut au moins leur montrer qu'il n'y a pas toujours eu du cynisme en politique et que les idées, qu'on soit du oui ou du non, étaient assez puissantes pour remplir le Forum», soutient le réalisateur.

Surtout que les thèmes qui sont abordés dans René, le destin d'un chef sont encore très actuels: ne serait-ce que les questions d'identité et de langue.

Et puis, comment résister à ces performances d'acteurs qui prêtent leurs traits à Claude Charron, Jacques Parizeau et Claude Morin.

Une page d'histoire, ou plutôt, un devoir d'histoire à regarder.

  • À sa diffusion à l'automne 2006, René, le destin d'un chef a cumulé en moyenne, pour 6 épisodes, un total de 559 000 téléspectateurs pour une part de marché de 13 %.
  • Avec Emmanuel Bilodeau, Lucie Laurier, Germain Houde, Guy Nadon, Benoît Gouin, Michel Charette. Dès le mardi 25 mars, à 20 h, à Radio-Canada
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