TQSLouis Audet blâme à nouveau Radio-CanadaCaroline Roy Le Journal de Montréal 08-02-2008 | 11h56
Le président et chef de la direction de Cogeco ne s'est pas gêné hier pour cibler encore une fois la société d'État pour les problèmes de TQS, lors d'une conférence devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. «Si Radio-Canada décide de faire des entrevues sportives en fin de soirée et qu'elle va chercher ses animateurs ailleurs, elle change sa mission de société d'État», a-t-il ajouté hier en marge de la conférence. Louis Audet faisait ici référence au départ de Michel Villeneuve de l'émission sportive 110 %, qui a été recruté par Radio-Canada pour occuper un poste similaire à La Zone. L'homme d'affaires a souligné que «les nouvelles politiques de Radio- Canada» font partie de l'équation qui a amené les actionnaires de Cogeco à abandonner TQS, menacé aujourd'hui de faillite. Ce n'est pas la première fois que Louis Audet envoie des flèches empoisonnées à Radio-Canada. Lors d'une conférence de presse en décembre, il avait indiqué que Radio-Canada «se comporte comme un acteur commercial et non comme une société d'État». M. Audet a aussi déploré la fin de l'affiliation, en septembre dernier, de Radio-Canada avec TQS pour ses stations du Saguenay, de Sherbrooke et de Trois-Rivières. «Radio-Canada n'a pas renouvelé une association qui durait depuis 50 ans et qui était un préalable à la rentabilité des stations régionales», a-t-il expliqué. TQS viable Malgré tout, M. Audet se dit «optimiste» que le Mouton noir trouve un nouveau propriétaire d'ici le 10 mars, date de l'audience en Cour pour sanctionner la meilleure offre d'achat. «TQS peut être viable en de nouvelles mains», a-t-il affirmé. À condition toutefois que Radio- Canada revoie son mandat, que les règles du CRTC changent et que les revenus publicitaires soient au rendez-vous. M. Audet a refusé de nommer des acheteurs potentiels. Rogers, Corus, Radio-Nord, CTV ? «Je ne peux faire de commentaires là-dessus», a-t-il indiqué. Durant sa conférence, M. Audet a répété que les actionnaires de Cogeco ne voulaient plus investir dans TQS. Après son allocution, il a mentionné aux médias que ces mêmes actionnaires étaient prêts à acheter pour une valeur de 500 millions d'Euros une entreprise de cablôdistribution en Europe de l'Est si l'occasion se présentait. Une remarque que les 650 employés de TQS, qui ont l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête, ont sûrement de la difficulté à digérer. La date limite pour déposer une offre d'achat de TQS est le 25 février. |