THE WEEK THE WOMEN WENTLes femmes quittent le village, c'est le party... en enferPascale Lévesque Le Journal de Montréal 04-02-2008 | 11h55
Mère un jour, mère toujours dit le dicton. Dans ce cas, on a envie d'ajouter enfant un jour, enfant toujours. De quoi je parle? De The Week the Women Went. Un véritable document d'anthologie si vous voulez mon avis. Même s'il s'agit d'une téléréalité. Qui porte cependant le sceau de la société d'État... Oui, contrairement à son pendant francophone, CBC n'est pas allergique au genre et tant mieux, parce que ça donne de la méchante bonne télé. Le topo: nous sommes à Hardisty, un village de l'Alberta dans le fin fond du derrière d'un ours canadien. Le pays des Redneck, là où porter une casquette de trucker et la camisole blanche qui va avec n'a jamais été une mode, mais ne sera jamais démodé. La tradition Un village typique où les femmes portent encore le nom de leur mari, des presque Madame Fred Cailloux comme Délima se faisait appeler dans Les Pierrafeu. Une place où vient avec le nom de famille la tâche de s'occuper à plein temps des enfants, des tâches ménagères et du couple. Bref, un endroit où les femmes sont tellement indispensables qu'en théorie, on les tient pour acquises. Voilà donc pourquoi les concepteurs de The Week the Women Went ont décidé de répondre à une question farfelue: qu'arriverait-il si les femmes prenaient congé pendant une semaine et que les hommes se retrouvaient soudainement monoparentaux? Pas de panique dans le village, les boys voient même le tout comme des vacances: c'est l'occasion de se faire des barbecues, de manger tout ce que nos femmes nous interdisent, de jouer aux cartes et de boire de la bière! Pas compliqué de s'occuper d'un bébé: tu le couches dans son berceau et il dort. Un simple walky-talky peut servir de gardien, à cet âge-là! Et c'est en plein ce qui me faut pour me permettre d'aller jouer au poker chez le voisin! Les enfants veulent pas dormir? Ben, qu'ils restent debout. Moi je vais jouer avec ma caisse de 24 pendant ce temps-là... Surréalistes, ces grands enfants? Ils l'apprendront bien assez tôt alors que leurs femmes prennent un congé bien mérité dans un mégacomplexe luxueux près des montagnes. Une expérience sociale réussie En fait, ici, CBC ne fait pas que de la téléréalité, le réseau réalise une véritable expérience sociale: 17 femmes ont participé au projet, soit 85 % des femmes du village. Et pour le reste, une bonne proportion d'entre elles étaient limitées par leur emploi. Pendant que leurs femmes étaient parties à Canmore en autobus, les hommes ont dû, en plus du reste, mettre la main à la pâte dans un projet de revitalisation de la communauté pour lequel les producteurs de l'émission Paperny Films avaient donné 10 000 $. Deux épisodes ont déjà été diffusés, mais il est possible pour le public de les revoir à partir du site Web officiel de la téléréalité (cbc.ca/thewomenwent). Deux épisodes qui nous laissent entrevoir déjà une certaine morale. Bien qu'on en mette beaucoup sur les épaules de ces femmes, mais cette surcharge de responsabilités n'est pas non plus étrangère à ce qu'elles s'imposent à elles-mêmes et à leurs compères. Le troisième et dernier épisode de cette courte série sera diffusé demain à 20 h à CBC. Habile ou non en anglais, laissez votre télécommande s'y arrêter au moins 15 minutes ce lundi 20 h à CBC. |